Agriculture: lancement d'audits pour les exploitations en difficulté

Agriculture: lancement d'audits pour les exploitations en difficulté

L'Etat va proposer et financer des audits économiques à environ 20.000 exploitations agricoles en grande difficulté, dans le cadre du plan de soutien lancé en octobre, qui va être prolongé jusqu'au 31 décembre 2017, a annoncé le gouvernement.

"Une avancée intéressante"

"Aujourd'hui trop de situations sont vécues en silence. C'est en provoquant un audit, donc la remise à plat de toutes les données de l'exploitation, qu'on peut aussi envisager rebondir : repartir dans le métier ou réaliser une reconversion professionnelle", souligne Christiane Lambert, vice présidente de la FNSEA, en congrès les 28 et 29 mars à Brest.

Elle poursuit : "M. Cazeneuve s'est engagé à travailler jusqu'au bout de son mandat. (...) Tous les audits nécessaires seront pris en charge par les Régions, et quand ce n'est pas le cas, par l'État. C'est une avancée intéressante". Et d'ajouter : "pour inciter les agriculteurs à venir vers ces dispositifs d'audits, nous avions souhaité un accompagnement financier par des prises en charge partielles d'intérêts pour ces agriculteurs". Par contre, elle regrette n'avoir pas reçu de réponse sur un "accompagnement social".

La demande de financement de pré-retraites n'a pas été entendue : "il faut une notification à Bruxelles, une législation, le délai est trop court avec ce Gouvernement (...) C'est il y a un an et demi que le ministre de l'Agriculture aurait dû prendre ce dispositif. Il ne l'a pas voulu", insiste-t-elle.

LM

"La très grande majorité des exploitations en difficultés conjoncturelles", liées au climat et aux mauvaises récoltes par exemple, a pu trouver directement auprès des banques "des solutions de financement à court terme ou de restructuration de leurs prêts", informe le Premier ministre Bernard Cazeneuve dans une lettre à la présidente par intérim du syndicat FNSEA Christiane Lambert, dont l'AFP a obtenu copie. Restent les exploitations "en grande difficulté", "qui n'ont pas pu apporter à leurs banquiers les garanties de leur capacité à poursuivre leur activité", souligne-t-il.

Le gouvernement, qui reconnait avoir du mal à estimer l'ampleur exacte de la crise agricole, ne chiffre pas le nombre d'exploitations menacées de disparition par le surendettement. Mais il avait été estimé à 20.000 par l'ex-président de la FNSEA, Xavier Beulin, dans une interview peu avant sa mort le 19 février. "Il me semble utile de proposer à ces exploitations la réalisation d'un diagnostic financier et économique permettant de garantir que les mesures qui seront mises à leur disposition répondent bien à la nature structurelle des difficultés auxquelles elles font face", dit le Premier ministre. Ces audits financés sur argent public devront être réalisés "auprès de leurs banques et de leurs fournisseurs", a précisé à l'AFP une source au ministère de l'Agriculture. Les agriculteurs "ayant souscrit à la démarche de diagnostic" se verront ensuite proposer des "mesures de restructuration de leur dette", incluant des années "blanches", c'est-à-dire un report des annuités d'emprunt. L'Etat s'engage aussi à rendre éligibles aux restructurations les prêts dits "modulables", qui ne l'étaient pas jusqu'à présent, et à augmenter à 50% sa prise en charge des frais de restructuration de dette. Jusqu'à présent, l'Etat ne finançait qu'un tiers des frais de restructuration, la banque en prenait un tiers à sa charge et l'agriculteur concerné le dernier tiers. Une fois connus les premiers résultats des audits, le gouvernement se dit prêt à lancer un nouveau dispositif de soutien à la trésorerie "s'il s'avère que la viabilité d'un nombre important d'exploitations est essentiellement menacée à très court terme par les échéances bancaires auxquelles elles doivent faire face". En conséquence, le plan d'aide à l'agriculture lancé en octobre par Manuel Valls, est prolongé "jusqu'au 31 décembre 2017".

Ce plan, déjà prolongé une fois jusqu'en juin, prévoit des mesures de prise en charge de garantie des prêts et de cofinancement par l'Etat de report d'échéances bancaires. Jusqu'ici, il a rencontré peu de succès. Moins de 100 exploitations y ont eu recours, selon une source au cabinet du ministre de l'Agriculture. La FNSEA, premier syndicat agricole français, tient son 71e congrès mercredi à Brest. Il recevra jeudi plusieurs prétendants à l'Elysée pour parler des solutions de sortie de crise et d'évolution pour l'agriculture française.

Source AFP

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Commentaires 4

RIP

Je suis bien d'accord avec Robin, surtout que ce sont eux même qui disent vouloir t'aider, en te proposent un numéro agri écoute et ce toujours eux qui sont les premier a t'envoyer l'huissier et tu prends 2000€ de frais......

Bruno

Pipeautage....
Le temps de mettre en place les audits, combien de fermetures encore à venir ?
Quant aux solutions bancaires mises en place, je vous laisse juge de ce qui nous a tous été proposé...
Le Foll, quand tu veux tu te mets au boulot !

fred

le chomeur ne travail pas

robin

si l'état veut réellement aider les agri en difficultés il n'a qu'a prendre en charge les cotisation MSA qu'ils ont a payer même en étant déficitaire, tout le reste c'est du baratin , ou de la comm !!!! C'est déjà une aberration d'avoir encore à payer quasiment 4000€ de cotisation MSA quand on perd de l'argent. C'est comme si on demandait a un chômeur non indemnisé de payer des charges sociales.

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