Agriculture: le Commissaire européen à Paris jeudi pour tenter d'apaiser les esprits

Agriculture: le Commissaire européen à Paris jeudi pour tenter d'apaiser les esprits

Le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, bête noire des producteurs français, arrive jeudi à Paris dans un climat éruptif à trois jours de l'ouverture du Salon annuel.

Sur les barrages et dans les manifestations des agriculteurs français en cours depuis un mois, spécialement auprès des éleveurs laitiers et porcins au bord de la faillite, avec "l'Etat" et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, l'Europe est ciblée comme celle par qui le malheur arrive. Bureaucratique, ultra-libérale et surtout, indifférente. "On a vraiment le sentiment que l'Europe vient à peine de découvrir que son secteur agricole est en crise", ont dénoncé mercredi la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) de la Sarthe, dans un communiqué.   

Dans tout l'ouest de la France, à la pointe de la colère et de la grogne (la Bretagne accueille 60% de la production de porcs), des rassemblements étaient annoncés dès mercredi après-midi, ainsi que jeudi en Normandie - de Caen à Rouen -, le bassin laitier français, sur le thème "Ecoute, Phil Hogan!". Pourtant, à Bruxelles, la Commission européenne a assuré mercredi "partager les préoccupations des agriculteurs". "Toutes les mesures appropriées doivent être prises afin d'alléger la pression qui pèse actuellement sur les producteurs", selon la Commission. Convenant même, dans une forme d'aveu, que "les difficultés actuelles sont clairement plus profondes et durables que nous l'avions prévu". Qu'attendent au juste les autorités françaises, notamment le Premier ministre Manuel Valls qui recevra Phil Hogan à Matignon, avec Stéphane Le Foll.

Dans un mémorandum adressé au commissaire avant le Conseil des  ministres de l'Agriculture européen le 15 février, la France réclamait notamment un relèvement temporaire des prix d'intervention sur le lait de plusieurs centimes (il est actuellement à 22 centimes/litre) et la création d'un crédit export qui permettrait aux producteurs de proposer des solutions de financement à leurs clients mondiaux. Concernant le porc, elle réclame essentiellement un effort diplomatique "énergique" pour obtenir la réouverture du marché russe, fermé depuis août 2014. Et à défaut une mesure de réduction du nombre de truies.      

Un géant charpenté

Pour la puissante fédération nationale des syndicats d'exploitants (FNSEA), l'urgence c'est l'embargo russe. La FNSEA a demandé mercredi à la Commission de réaliser "une analyse chiffrée du préjudice subi par le secteur agricole européen". Elle a aussi réclamé une harmonisation - sans utiliser le terme - des règles environnementales, sociales, fiscales et sanitaires "qui faussent la concurrence" au sein de l'Union européenne (UE). De son côté, la Commission a demandé la semaine dernière aux États membres de lui soumettre d'ici à jeudi "des idées nouvelles et novatrices" pour répondre aux difficultés actuelles d'ici le 25 février, insistant sur la nécessité de "propositions concrètes".   

Pour Phil Hogan, la situation exige de fait une réponse à l'échelle européenne qui fournisse "des solutions réalistes", compatibles avec la PAC (la Politique agricole commune), les contraintes budgétaires de l'UE, et qui fassent largement consensus parmi les Etats membres.   Or le consensus est loin d'être atteint. Les producteurs de lait souffrent de l'effondrement des cours mondiaux, surtout depuis la sortie du système des quotas européens l'an dernier qui a stimulé la production de +2% au sein de l'UE, mais de 13% en Irlande et 6% au Benelux. Ceux de porcs vendent également sous leur coût de production, et perdent jusqu'à 6.000 euros par semaine, faute de débouchés suffisants. En cause l'embargo russe mais aussi la concurrence espagnole et allemande selon eux, avec une différence de charges à leur détriment.  

En réalité, Bruxelles risque d'attendre le prochain conseil des 28 ministres européens le 14 mars pour trouver une solution; d'ici là, la présidence néerlandaise de la Commission fait savoir qu'elle ne divulguera pas les propositions des Etats. Quant à Phil Hogan, géant irlandais solidement charpenté - il dépasse en taille et en volume Stéphane Le Foll - il ne craint pas apparemment d'affronter la houle des agriculteurs désespérés: selon ses services, il prévoit toujours, au-delà de son rendez-vous parisien, de visiter les allées du Salon de l'Agriculture qui s'ouvre samedi.

Source AFP

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Commentaires 4

beberino

il fau boycotter le salon de l agriculture kel honte de presenter une fausse vitrine de l agriculture francaise!!!!!!!!!

beberino

pourquoi les agriculteur devraient supporter l embargo russe ???
l europe a decide cet embargo elle doit donc indemniser la perte d exploitation du a ce manque d exportation!!!

laitier85

Mr PHIL HOGAN a beau être IRLANDAIS, on se demande comment il réféchit !

syl

et les producteurs
de viande ils peuvent crever!!!!!!

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