Agroforesterie : Redécouvrir le bienfait des arbres

Agroforesterie : Redécouvrir le bienfait des arbres

Après avoir éradiqué les arbres des champs dans les années 60-70, le secteur agricole commence à redécouvrir leurs bienfaits. L'agroforesterie semble une voie prometteuse pour une agriculture plus en harmonie avec l'environnement, mais elle suppose un vrai changement de mentalité.

Plantés en lignes parallèles au milieu des cultures, ou bien en bordure des parcelles, les arbres améliorent la qualité des sols, les aident à mieux retenir l'eau, limitent l'érosion.  Ils filtrent aussi les pollutions aux nitrates, explique Christian Dupraz, de l'Inra Montpellier, intervenant dans le cadre d’une journée nationale sur l’agroforesterie, organisée à l’initiative du ministère de l’Agriculture.

Les arbres recréent également de la biodiversité et servent de refuge pour les axillaires qui permettent de lutter contre les insectes ravageurs.  Les arbres sont aussi des alliés pour les éleveurs. Attirées par leur protection, les poules sortiraient davantage de leurs abris. "C'est mieux pour le bien-être animal", se réjouit Stéphane Lavigne, producteur d'œufs et de céréales bio en Loire-Atlantique.

Les abeilles, décimées par la destruction des plantes qu'elles butinaient, "commencent à revenir" là où les paysans replantent des arbres, assure également Alain Canet, président de l'Association française d'agroforesterie (Afaf).

Tenir compte de la valeur du bois

"On travaille pour que les agriculteurs se servent de l'arbre comme d'un outil de production", en essayant de ne pas compliquer les travaux des champs par des détours autour des arbres, résume Christian Dupraz. Selon l'Inra, la productivité globale d'une exploitation peut augmenter de 30%, en prenant en compte la valeur du bois produit.  Dominique Bordeaux, éleveur laitier bio des Pays de la Loire, a ainsi vu ses revenus "augmenter de 10%" grâce à la vente du bois issu de l'élagage de ses arbres.

Mais l'agroforesterie demande beaucoup de patience, car il faut attendre plusieurs années avant de ressentir pleinement l'action des arbres.  "Le retour sur investissement dans le temps n'est pas facile à gérer.", reconnait Philippe Guillet, conseiller agroforesterie de la chambre d'agriculture de la Sarthe.

L'agroforesterie reste confidentielle

Même si l'Afaf revendique "plusieurs dizaines de milliers d'agriculteurs", l'agroforesterie reste encore confidentielle.  Le ministère de l'Agriculture ne dispose pas de données fiables sur les surfaces. Le gouvernement espère avoir en 2025 "une majorité d'exploitations agricoles engagées dans l'agroforesterie", déclarait lundi Catherine Geslain-Lanéelle, responsable de la direction générale des politiques agricoles au ministère de l'Agriculture.

"On s'est rendu compte que remettre des arbres c'est très complexe", explique Philippe Guillet. Il  faut "convaincre ceux qui ont arraché les arbres de les replanter", plaide-t-il.

Ceux qui plantent s'inquiètent également de la nouvelle Politique agricole commune (PAC). "Beaucoup d'agriculteurs ont reçu des notifications disant qu'au-delà de 50 arbres par parcelle, nous ne sommes plus éligibles aux aides de la PAC", s'inquiète Benoît Biteau, agriculteur bio près de Royan.

Le ministère de l'Agriculture a assuré lundi dans un communiqué que plusieurs mesures au sein de la PAC permettaient au contraire "d'encourager l'agroforesterie". "il avait déjà été acté que l’agroforesterie et les différents éléments boisés sur les surfaces agricoles ou autour de ces surfaces feraient partie des surfaces d’intérêt écologique, contribuant ainsi à remplir l’un des trois critères permettant d’accéder au  paiement vert", précise le ministère.

En clôture de la journée, Stéphane LE FOLL a de plus annoncé que les haies seront incluses dans l’une des dispositions relatives à la "conditionnalité, la bonne condition agricole et environnementale n°7 (BCAE7)". L’inclusion des haies dans cette "BCAE7" permet de rendre les surfaces correspondantes éligibles aux aides du 1er pilier de la PAC.

Source avec AFP

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Commentaires 2

Sylvie

Et quid des pertes de rendement lors des récoltes ???

alan33

agroforestie on replante je rigole chez moi il y en a toujours eu brise vent ,hombre pour les vaches refuge a oiseaux qui gobent les insectes filtre lors des inondations les cochonnerie porté par l eau etc etc. certe il y a moins d herbe au pied des haies mais la nature est bien faite car elle pousse mieux un peu plus loin du fait du phenomene brise vent

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