Ania : Le secteur agroalimentaire pourrait perdre 3.000 à 5.000 emplois en 2011

Le secteur agroalimentaire pourrait perdre 3.000 à 5.000 emplois cette année en raison d'une situation économique difficile, soit environ 1% des effectifs, affirme mardi Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania).

« Nous risquons de perdre entre 3.000 et 5.000 emplois en 2011 en raison d'une consommation atone et de négociations très difficiles avec la grande distribution », a affirmé Jean-René Buisson lors d'une conférence de presse.

Le secteur compte 477.000 emplois, la menace pèse donc sur environ 1% de la main d'oeuvre de ce secteur, généralement stable en matière d'emploi. En 2010, les effectifs ont baissé de 0,6% dans les industries agroalimentaires, contre 4,8% pour l'ensemble de l'industrie.

Même si le secteur agroalimentaire a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires en 2010 à 143,6 milliards d'euros (+3% par rapport à l'année précédente), la reprise n'a pas permis de retrouver le niveau d'activité d'avant la chute de 2009, a expliqué le patron des industries agroalimentaires.

De plus, en 2010, l'envolée des prix des matières premières agricoles conjuguée à la hausse de l'énergie, des emballages, ont rendu encore plus difficiles les négociations avec la grande distribution.

M. Buisson « pas très favorable » à l'indexation des prix des produits sur les cours des matières premières agricoles

Devant le refus des distributeurs d'accepter les hausses de prix réclamées, « les industries agroalimentaires ont dû prendre à leur charge 60% des augmentations des matières premières », affirme Jean-René Buisson, entraînant des « tensions » sur la marge brute des entreprises.

Les industriels ont réussi à passer des hausses jusqu'à 2%. Interrogé sur l'ampleur des augmentations qui seront reportées sur le consommateur, M. Buisson a tenu à souligner que « ce ne sont pas les industries agroalimentaires qui fixent les prix en rayon mais les distributeurs ». « Nous seront vigilants » sur la question, a-t-il souligné.


Interrogé sur une éventuelle indexation des prix des produits alimentaires sur les cours des matières premières agricoles, M. Buisson a affirmé « n'être pas très favorable » à ce projet, promu par la Fnsea et qui a obtenu le soutien du ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire.

Source AFP

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