Anticiper le départ en retraite : Des ressources à la retraite… à préparer dès 50 ans

Louis GAVARD, conseiller en patrimoine

Avec l'évolution du nombre d'actifs par rapport au nombre de retraités, une idée fait peu à peu son chemin : chacun devra prendre en charge une partie du financement de ses futures ressources à la retraite. Aux questions « combien ? » et « comment ? », nous vous proposons une réponse en quatre étapes.

Une retraite par répartition à compléter

L'article 1 de la loi du 21 août 2003, dite « loi Fillon » est explicite : « La Nation réaffirme solennellement le choix de la retraite par répartition au coeur du pacte social qui unit les générations. » Rappelons son principe, fondé sur la solidarité inter générationnelle : les cotisations versées aujourd'hui assurent le paiement immédiat des retraites, tout en ouvrant aux actifs des droits pour leur retraite future.
Les régimes de retraite sont préservés, mais au prix d'une réforme des régimes spéciaux et d'un allongement de la durée des cotisations.
Face aux évolutions démographiques, ces mesures seront-elles suffisantes ? Le législateur lui-même en doute, et prône ouvertement le recours complémentaire à l'épargne individuelle, facilitée par des incitations fiscales.
Les organismes financiers ne sont pas en reste en multipliant les produits dédiés à la retraite. Avant de souscrire, un diagnostic de la Prévoyance Retraite en 4 étapes s'impose .

Premère étape : Estimer le niveau de retraite

L'examen du relevé de la situation individuelle, communément appelé relevé de carrière, est incontournable. Il reprend l'ensemble des éléments constitutifs de la carrière passée, tous régimes confondus.
La simulation nécessite d'extrapoler ses futurs revenus d'activité, l'âge retenu lors du départ à la retraite et la durée totale d'activité. Des paramètres dont la précision et la pertinence vont influer sur la vraisemblance du calcul. Le calcul demeure complexe et nécessite une expertise. L'objectif recherché vise à déterminer une tendance de niveau de retraite plus qu'une valeur précise.

Un rappel bien utile

N'oubliez pas que la pension servie est proportionnelle aux revenus d'activité déclarés, donc aux cotisations versées ; autrement dit, à petits revenus déclarés, petites retraites…
L'optimisation des revenus professionnels a parfois ses limites …

Deuxième étape : Simuler les autres ressources constituées

Les capitaux propres détenus sur l'exploitation sont la résultante de 40 années de travail, d'effort d'autofinancement, donc d'épargne. Ils ont prioritairement vocation à répondre aux objectifs et aux contraintes de la prévoyance retraite : ressources complémentaires, capital sécurité en cas de coup dur, dépenses loisirs et coups de coeur, et seulement après … transmission aux héritiers.
Le mode de financement de la transmission influera sur la disponibilité des capitaux le jour du départ.
Il n'empêche, ces capitaux devront être organisés pour satisfaire à leurs objectifs naturels de prévoyance retraite. Il en sera de même des autres éléments privés du patrimoine constitués en parallèle.

Troisième étape : Estimer les besoins à la retraite

De façon directe, ou indirecte, avec l'aide de la comptabilité, chacun peut mesurer le niveau de ses dépenses, son train de vie, en activité. C'est ce chiffre qu'il faut extrapoler à la retraite, en se plaçant dans ce nouveau contexte, en faisant valoir ses projets et ses envies.
L'exercice est difficile : les composantes du budget familial sont sensiblement modifiées à la retraite : dépenses courantes, impôts, loisirs, santé …
Une certitude : les aspirations et les sollicitations de toute nature sont grandissantes et impactent le budget …

4è étape : Constituer son épargne retraite

La mise en parallèle des 3 étapes précédentes, étapes d'analyse et de diagnostic, conduisent à prendre la mesure de sa situation, à prendre conscience des enjeux ou à l'inverse à relativiser, bref, à se fixer un cap, faire des choix et définir le plan de route.
Si un déséquilibre Ressources - Besoins est constaté, il doit conduire à mettre en oeuvre dans les meilleurs délais une stratégie d'épargne retraite complémentaire.

3 familles de support d'épargne retraite

L'immobilier locatif
L'acquisition est effectuée au moyen d'un emprunt. L'effort d'épargne correspond au remboursement de l'emprunt, en complément des loyers perçus. A la retraite, les loyers perçus assureront les ressources complémentaires retraite. Le capital immobilier est préservé et pourra être transmis aux héritiers.
Les supports financiers à revenus
L'épargne financière est capitalisée sur des supports du type contrat d'assurance vie le plus souvent. A la retraite, des rachats partiels du contrat, libres ou programmés constitueront les ressources complémentaires. Au décès, le capital résiduel sera transmis aux bénéficiaires désignés, le conjoint et les héritiers le plus souvent.
La rente viagère
L'épargne financière est capitalisée sur des supports du type contrat d'assurance vie ou sur des supports spécifiquement dédiés à la retraite complémentaire et bénéficiant d'avantages fiscaux (Loi Madelin, PERP …).Au départ à la retraite, les capitaux sont aliénés au bénéfice de l'organisme financier assureur. Celui-ci s'engage à verser une rente viagère (laquelle s'éteint au décès du bénéficiaire, sauf réversion au conjoint le plus souvent).
La distribution de ressources est la seule caractéristique commune entre ces 3 familles ; la nature même de ces produits diverge fondamentalement. On ne s'engagera donc pas à la légère, surtout dans l'immobilier, et dans la rente.

Source CER FRANCE Vendée

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