AOP cantal : bien préparer la construction de son silo, une nécessité

C. Fournier

AOP cantal : bien préparer la construction de son silo, une nécessité

L’AOP cantal a ses exigences. On n’ensilera plus tout à fait comme avant en 2012. Mais cela a un coût. Exemple du silo couloir du Gaec du Levant au Bouchet de Rageade.

 

À partir du 1er janvier 2013, les agriculteurs engagés dans l’AOP cantal devront stocker leur ensilage sur dalle bétonnée ou en silo couloir. Les balles enrubannées ou les silos boudins devront ­l’être sur des aires stabilisées, soit un simple empierrement. D’où, pour Serge Gaydier et David Lamat, respectivement conseillers agricoles sur Massiac et Ruynes-Saint-Flour Nord, “l’importance de se poser les bonnes questions”, ce qu’a permis une réunion d’informations des deux GVA illustrée par l’exemple du Gaec du Levant, à Rageade. Une réunion à laquelle assistait le 17 janvier une cinquantaine d’agriculteurs. Objectif : “Apporter des éléments aux agriculteurs pour concevoir leur silo.” Et, à l’évidence, le silo couloir ne manque pas d’atouts : “Il s’amortit sur sept à huit ans si on le compare à un silo boudin réalisé chaque année”, chiffrait David Lamat. Autre avantage, “il permet de mieux tasser, engendre moins de pertes, et permet une meilleure conservation qu’un silo taupe”. Enfin, le Gaec du Levant a opté pour deux silos côte à côte, ce qui “facilite le travail à la conception et économise une paroi, soit 16 éléments à 129 euros pièce…”

Règlementation et aides

 Jérôme Delarbre, conseiller bâtiment à la Chambre d’agriculture, a ensuite fait le tour de la réglementation et rappelé que “la classification de l’élevage en Règlement sanitaire départemental (RSD) ou ICPE (exploitation classée pour la protection de l’environnement), détermine la distance d’implantation du silo par rapport au voisinage”. À plus de 100 mètres d’un tiers pour une ICPE ; à 25 mètres en RSD. Il est au préalable obligatoire de faire une déclaration d’activité d’élevage (DAE) en préfecture, de même qu’un plan d’épandage dans le cas d’une installation en ICPE. Si les murs font plus de 2 mètres de haut, une déclaration préalable (DP) est obligatoire. Les distances à respecter sont les suivantes : 25 mètres des habitations, accueil de public, zones de loisirs en RSD. Cent mètres en ICPE. Trente-cinq mètres des puits, sources, forages, berges. Routes si Pos, PLU, RNU : minimum 5 mètres en RSD. À l’occasion de cette journée, où les différentes aides étaient détaillées, un nouveau système pour bâcher les silos était présenté avec le témoignage de Vivien Batifoulier, utilisateur sur Auriac l’Église. Il comprend une première bâche relativement fine, transparente, protégée contre les UV et les oiseaux et des boudins pour lester l’ensemble. La bâche de protection est réutilisable pendant cinq à sept ans. Les intérêts sont multiples : une très forte barrière à oxygène (28 fois supérieure au système traditionnel) qui limite les pertes, une bâche légère et donc facile à poser, une reprise du silo plus aisée. La quantité de plastique à recycler est en outre moindre. Pour 350 m2, le coût est de 1 100 € la première année, sachant que les années suivantes, l’exploitant devra renouveler uniquement la première bâche (200 à 300 €).

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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