Apaisé fin 2012, le marché des céréales reste à la merci du climat en 2013

Apaisé fin 2012, le marché des céréales reste à la merci du climat en 2013

La fièvre est retombée sur le marché des céréales, mais les prix restent élevés et la situation, déjà tendue pour 2013, à la merci du moindre aléa climatique.

Ce n'est pas la crise alimentaire redoutée au plus fort de l'été, mais à 250 euros la tonne le blé et 242 celle de maïs, ces deux céréales ont renchéri de plus de 30% en un an, reflet de l'inquiétude qui pèse sur les disponibilités mondiales. "Les prix élevés n'ont pas suffi à rationner la demande européenne malgré les attentes, donc il y a bien un moment où le marché va se poser de questions", estime Gautier Le Molgat, analyste du cabinet de veille et de conseil Agritel. Quant aux Etats-Unis, les estimations de consommation ont bien été revues à la baisse par le Département de l'Agriculture (USDA): "Reste à voir si ces chiffres vont vraiment se concrétiser" dans la réalité, nuance-t-il.

L'année 2012, marquée par la pire sécheresse en 60 ans aux Etats-Unis, les vagues de chaleur autour de la mer Noire puis dans l'ouest australien, l'excès d'humidité en Europe occidentale et les pluies surabondantes sur l'hémisphère sud (Argentine, Brésil) préfigurent l'agriculture à l'ère des changements climatiques. Si le blé s'en est plutôt bien sorti, le maïs a particulièrement souffert: "Il a déjà joué les trouble-fête en 2011 puis en 2012, et pour 2013 la situation est déjà tendue: le marché ne peut vraiment pas se permettre le moindre accident climatique", reprend l'analyste d'Agritel. Pour le blé, prévient de son côté son directeur Michel Portier, "tous les modèles nous montrent que les régions victimes d'un stress hydrique en 2012 subiront les mêmes déséquilibres en 2013: Etats-Unis, Russie du sud, Australie..."

"Pour nous, 2012-2013 risque d'être pire que 2007-2008 en termes de prix", ajoute-t-il, en référence à la principale crise alimentaire des dernières années quand, faute de réserves, la Russie avait subitement suspendu toutes ses exportations, suscitant de graves pénuries chez les importateurs. Dans son dernier rapport, l'USDA prévoyait mi-décembre une production mondiale de blé à 655 millions de tonnes (Mt) pour la campagne 2012/2013, qui ne tenait pas compte des mauvaises conditions climatiques en Argentine et des révisions à la baisse des estimations de production. Or ce n'est qu'au printemps que l'on pourra réellement établir les perspectives de récoltes 2013 chez les principaux exportateurs de l'hémisphère nord : Union Eruopéenne, Etats-Unis, Ukraine et Russie... "Même si les Américains annoncent une baisse de la consommation de maïs, je n'en vois pas en Europe, ou alors très peu, et pas du tout en Chine où elle reste en croissance", relève Michel Portier, qui rappelle que "la moitié des cochons du monde sont en Chine" et qu'il faut bien les nourrir... La Chine, qui a fortement augmenté ses récoltes de céréales (200 Mt de maïs estimées en 2012), demeure un importateur net.

Restent aux yeux des experts deux bonnes nouvelles à signaler à la veille de la nouvelle année: d'une part, insiste Adbolreza Abbassian, économiste en chef de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), "à ce niveau de prix, la spéculation est très faible". D'autre part, "contrairement à la crise de 2007", les récoltes de riz ont été abondantes ces dernières années et l'offre est restée bien supérieure  aux besoins. Maintenant, reconnaît-il, "si la situation de 2012 devait se répéter en 2013, compte tenu du niveau des stocks, oui, on pourrait avoir un problème. Mais avec un grand Si".

Source AFP

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Commentaires 8

guemetel

Jouer à la spéculation quand il s'agit d'analyser objectivement les marchés avec les infos du moment ? Cela dit personne n'est obligé de croire les spécialistes des marchés agricoles ! Par ailleurs, quand cessera t-on entre nous de râler sur la filière d'à coté qui se porterait mieux au détriment d'une autre. Chacun doit comprendre que les céréaliers comme les éleveurs sont soumis aux aléas des marchés. Ce qui nous incitent tous à mieux comprendre ces marchés et la spéculation financière autour des matières 1ere agricoles.

geo

@Toi-même: Tout à fait d'accord avec Ben50. Râler pour râler, ça ne sert pas à grand chose. Oser dire, cette année, que la filière céréalière est sans avenir n'est pas cohérent, tout comme le fait d'avancer que la France sera importateur dans 10 ans. Malgré la réglementation, les rendements sur les 10 dernières années n'ont pas diminué.
@didounet 45: Quand on voit de tels revenus en filière céréalière, on peut en déduire que la hausse des charges reste modérée malgré tout.

nono

MR PORTIER vous jouez à la spéculation avec ce type d' analyse et pour certains agri nous n' allons pas pleurer , la trésorerie mise de côté depuis quelques années est encore bien supérieur à 70000€ /an

ben 50

pauvre toi meme , ca fais 50ans que al fnsea te bourre le crane qu'il faut nourrir le monde meme quand c'etait la surproduction , et tu es en encore a l'idée de produire à n'importe quel prix , avec des moyennes a 70 000 euros de revenu c'est une filiere sans avenir cette année....

moi meme

heureusement le climat en fait a sa tete.nous en france on limite par la reglementation toute augmentation de la production .nous seront importateur d'ici 10 ans .telle est la volonte des politiques d'aujourd'hui .c'est parfait .vous les jeunes partes de cette filliere sans avenir.qui n'a que des contraintes et pas ou peu de revenu

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