Attaques de vautours en Aveyron : Deux éleveurs témoignent, preuves à l'appui

Eva DZ

Suite à plusieurs témoignages d'agriculteurs victimes d'attaques de vautours sur animaux vivants ces derniers mois, la FDSEA de l'Aveyron a organisé récemment une réunion à Salles Curan afin de faire le point sur la situation. Afin de mieux comprendre le problème, deux agriculteurs ont accepté de raconter leur expérience.

Un éleveur de vaches laitières et allaitantes sur le secteur de Sévérac le Château a perdu un veau limousin, à la fin du mois d'août, victime d'une attaque de vautours. Son vétérinaire sanitaire l'a confirmé par écrit. «Mes vaches prêtes à vêler étaient en pâture à quelques kilomètres de l'exploitation. Je m'apprêtais à les rentrer pour surveiller les vêlages mais à mon arrivée dans le champ, des vautours tournoyaient au-dessus du troupeau et une quarantaine s'affairait autour d'un veau. Quand je me suis approché, le veau respirait encore, preuve que lorsque les vautours l'ont attaqué, il était bien vivant. De suite, j'ai chargé le veau dans la voiture pour faire constater le préjudice d'abord à la gendarmerie puis chez mon vétérinaire qui n'a pu que constater la mort de l'animal. Néanmoins, il a rédigé une lettre attestant que la mort du veau était consécutive à l'attaque des vautours».

Pas tranquille...

Le vétérinaire précise ainsi que le veau est né depuis moins de 24 heures, son poil étant tout-à-fait sec. Le cadavre encore chaud et la rigidité cadavérique étant absente, le veau n'était pas mort au moment de l'attaque. Il n'a de plus constaté aucune blessure pouvant relever d'un vêlage difficile. Il a listé les différentes blessures (orbite gauche vidée de son contenu, langue dévorée, cordon ombilical absent, muscles du haut des cuisses sectionnés...), en commentant : «ces lésions provoquées par les vautours étaient incompatibles avec une longue survie». Cette lettre a été adressée en copie à la FD de Chasse. Un expert de l'Office national de la faune sauvage avait même pris rendez-vous pour constater les blessures sur le veau mais il n'est jamais venu.
Depuis, l'éleveur n'est pas tranquille d'autant que le même incident a failli se reproduire un mois plus tard lors du vêlage d'une doublonne dans le même champ, cette dernière a heureusement réussi à chasser les vautours et à protéger son veau à l'arrivée de l'éleveur. «Aujourd'hui je m'interroge quand je vois que d'autres élevages subissent les mêmes incidents. Je n'ai rien contre les vautours, nos élevages ont toujours cohabité avec eux sans souci, il serait bon que ça continue comme celà».

Incident sur un troupeau ovin

Un couple d'éleveurs sur la commune de Ségur a assisté à l'attaque de son troupeau de brebis laitières par des vautours. Trois brebis ont été dévorées vivantes alors qu'elles étaient en bonne santé le matin même. C'était en juin dernier. «C'est le voisin qui nous a alertés alors que nous repartions pour un chantier d'ensilage», témoigne l'exploitant. «Il m'a dit : ton troupeau est attaqué par des vautours. Une fois sur place, j'ai été saisi par le nombre impressionnant de vautours. Deux brebis étaient déjà mortes et dévorées et une troisième était en train de se débattre sous l'attaque des vautours, elle était donc bien vivante. Quand nous nous sommes approchés, c'était trop tard : en deux temps trois mouvements, il ne restait plus rien, même pas la boucle ! Nous avons donc pris en charge le reste du troupeau complètement affolé que nous avons fait rentrer dans les bâtiments. Nous en avons perdu deux autres par la suite sans savoir si c'était lié à la pani-que qu'elles avaient ressentie et notre production a baissé pendant quelques jours. Si mon voisin ne m'avait pas averti, c'était l'hécatombe ! Au delà de ces pertes, c'est la peur qui prédomine : si rien n'est fait, ce phénomène va se reproduire. Mon troupeau était en parfaite santé, ça peut donc arriver à tout le monde. Je pense qu'il faut s'organiser pour nourrir ces vautours, que l'on ne voyait pas dans notre secteur il y a encore quelques années. Nous devons nous mettre autour de la table pour que ces incidents ne se reproduisent pas tout en gardant l'équilibre entre leur population et nos élevages».

Source La Volonté Paysanne

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