Au service du développement de la performance agricole

Catherine Perrot

La « grande famille » de l’innovation et du développement agricole, comprenant les élus locaux, les représentants des chambres, les partenaires privés et publics, et les agriculteurs pionniers du projet de méthanisation.
La « grande famille » de l’innovation et du développement agricole, comprenant les élus locaux, les représentants des chambres, les partenaires privés et publics, et les agriculteurs pionniers du projet de méthanisation.

La chambre d’agriculture avait invité des conseillers généraux, régionaux – dont Christophe Clergeau, premier vice-président de la région –, des élus locaux, ainsi que ses partenaires à une présentation de deux projets ambitieux à la ferme expérimentale de Derval.

S’il est bien un do­maine dans lequel les efforts ne doivent jamais se relâcher, c’est celui de la recherche et du développement agricole. La ferme ex­périmentale de Derval, outil de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, mais utilisé également par d’au­tres acteurs du développement agricole (Institut de l’élevage, Inra, autres chambres d’agriculture, Élevage con­seil…) a déjà beaucoup fait, depuis sa création, pour transmettre des innovations « utiles, utilisables et utilisées » aux agriculteurs.

Deux projets ambitieux

Mais elle ambitionne de faire encore et toujours plus, à travers notamment deux « gros projets », porteurs d’enjeux forts pour l’agriculture de demain : un centre de formation et de recherche autour de la traite (avec l’Institut de l’élevage et l’Inra), et une station de méthanisation, avec notamment Sita (Suez Environnement) et le lycée agricole de Derval.
« Nous avons de l’avance, et il nous faut garder cette avance », résume Jacques Lemaitre, le président de la chambre d’agriculture. C’est pourquoi la chambre d’agriculture a invité, à Derval, ce mercredi 11 juin, plusieurs élus locaux, maires, représentants de communautés de communes, conseillers généraux et régionaux, – Christophe Clergeau, le premier vice-président de la Région en tête –, à la présentation de ces deux projets, pour lesquels, elle ne l’a pas caché, elle aura besoin de leur soutien.
Le premier projet présenté est celui de la création d’un véritable centre de formation et de recherche sur la traite. On le sait, depuis les années 1970, Derval est l’un des centres de référence mondiaux sur la traite : tous les faisceaux trayeurs du marché sont passés par son laboratoire (l’un des cinq au monde agréés par l’Icar, International Committee for Animal Recording), et Derval est le centre qui a fourni les références quasi universelles sur les réglages de la machine à traire, les bonnes pratiques de traite, la suppression d’une traite hebdomadaire…
Depuis 2008, Derval s’est orientée sur la traite robotisée, en particulier sur sa compatibilité avec le pâturage (ce qu’elle a d’ailleurs démontré l’année dernière, en fermant son silo de maïs deux mois) et a dû fermer sa salle de traite classique. Or, la filière laitière continue d’exprimer des besoins en matière de traite (tous types de traite), et, par ailleurs, de nouveaux partenaires, l’Inra et l’école Agrocampus ouest, ont ex­primé le souhait de travailler davantage avec Derval, car ils ne disposent plus d’outil de formation et d’expérimentation sur la traite.
C’est ainsi que l’Institut de l’élevage, le partenaire historique de la ferme de Derval, la cham­bre d’agriculture, l’Inra et Agrocampus ouest portent ensem­ble un projet incluant des équipements supplémentaires au robot (« Herd navigator », pour mesurer en temps réel les paramètres du lait et en dé­duire des informations sur le troupeau), la modernisation et l’extension du laboratoire de recherche sur la traite, et la réhabilitation d’une salle de traite conventionnelle, qui servira à la fois à la recherche à la formation des jeunes et des agriculteurs. Les investissements nécessaires ont été chiffrés à 300 000 €.
L’autre projet présenté est d’un tout autre ordre financier : près de 4 M€ pour la création d’une station de méthanisation sur les terres de la Ferme expérimentale ! Sont impliqués dans ce projet, la chambre d’agriculture, la communauté de communes de Derval, le lycée agricole de Derval, Sita Grand ouest (Suez environnement), Sela (Loire-Atlantique développement), Bema (Bois energie Maine Anjou) et plusieurs agriculteurs du secteur de Derval.
L’objectif est de produire du biogaz, dans une unité dont la taille (400 KW) se situe à mi-chemin entre la microméthanisation et l’unité industrielle. « Ce qui le plus innovant, dans ce projet, c’est son ingénierie partenariale », explique Arnaud Pelabon, de Sita Grand ouest.
En effet, ce projet est véritablement un projet « de territoire », dans lequel les agriculteurs apportent fumiers et lisiers, et Sita, spécialiste des déchets, injecte des cosubstrats agro-alimentaires ; le biogaz produit servira à faire tourner un moteur de cogénération, fournissant de l’électricité (revendue) et de la chaleur, utilisée par le lycée pour chauffer ses locaux, par la Communauté de communes pour son futur centre aquatique, et par le Bema, pour sécher des plaquettes de bois de chauffage. Présents au début du processus, les agriculteurs le sont aussi à la fin, puisqu’eux vont récupérer le digestat, un fertilisant désodorisé, riche en NPK, très disponible pour les plantes.
Dans ce projet de méthanisation, le budget est déjà bouclé par les sept partenaires, très motivés, qui espèrent un retour sur investissement de l’ordre de dix ans. Mais comme l’a justement souligné Jacques Le­maitre aux élus régionaux qui n’ont pas participé à ce financement initial (1) : « Vous pourrez participer aux financements ultérieurs, car nous aurons besoin d’établir des références sur l’utilisation agricole de ce produit nouveau qu’est le digestat de méthanisation ! ».

 (1) Le conseil régional a fait le choix de ne subventionner que les unités de microméthanisation à la ferme.

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