Aubrac : tendre la race bien au-delà du berceau

C. Fournier

Pays de l'Est : des marchés à potentiel pour la race, dont l'ex-Upra qui tenait son assemblée générale.

La croissance des effectifs de la race aubrac est de l'ordre de 5 % par an, autant dans son berceau que hors berceau. Dans le cadre de la promotion de la race, plusieurs rencontres ont donc été organisées, là où la race progresse fortement comme l'Aisne, l'Allier la Loire et au également au Luxembourg. Car c'est aussi vers l'étranger, et plus particulièrement vers les marchés des pays de l'Est, que lorgnent les producteurs d'aubracs. Pour son directeur, Jacques Renou, la raison d'être de l'OS est de “trouver des solutions pour les éleveurs confrontés à des prix de production à la baisse, vu la crise et la baisse des revenus. Cependant, l'urgence est aussi aujourd'hui de trouver des marchés de dégagement des animaux de reproduction principalement, et de faire ainsi le forcing pour ouvrir au marché aubrac les pays de l'Est”.

Barrage sanitaire

Ce qui suppose aussi “des démarches sanitaires simplifiées. Il y a encore à subir le contrecoup de la FCO, et beaucoup de pays ne veulent pas d'animaux français vaccinés contre la FCO, uniquement par décision politique car, techniquement, ce n'est pas défendable. C'est du protectionnisme déguisé, alors même que les éleveurs de ces pays-là sont demandeurs de la génétique française. C'est là où sont nos marchés et nos vrais débouchés et, paradoxalement, là où ça coince”. La race peut aussi se développer dans tout le bassin allaitant du Massif central : “Nous pouvons faire beaucoup mieux que ce que l'on fait actuellement pour étendre et promouvoir la race et son implantation. De l'ordre de plusieurs centaines de génisses par an, mais cela implique aussi un gros investissement promotionnel sur le terrain”. L'aubrac a aussi d'autres atouts comme ses qualités maternelles, son confort d'élevage, et poursuit-il, “je compte beaucoup sur la demande sociétale de plus en plus de manger sain en plus de manger bon”. L'atout de la race aubrac, c'est encore “un mode de production naturelle et une valorisation énorme de l'herbe, qu'elle soit pâturée ou récoltée, avec la capacité de finir des animaux au maximum à partir de l'herbe et c'est tout à fait réaliste. La race a un gros crédit, une très bonne image au niveau du consommateur. Il suffit juste de travailler techniquement”.

 

Pas de pays sans paysans

À l'occasion de cette assemblée générale, Henry Peyrac informait aussi les éleveurs du concours spécial qui aura lieu en 2010 à Aumont Aubrac dans l'enceinte de la nouvelle halle, très attendue. Pour terminer, il saluait la prise de conscience des éleveurs qui se sont engagés en plus grand nombre dans l'utilisation de taureau charolais : “Cette solution fait partie des réponses efficaces à court terme pour essayer de répondre à la baisse des prix et à la demande du marché italien”. Il concluait en soulignant la nécessité de “tout faire au sein de nos structures pour que nos éleveurs retrouvent un niveau de revenu suffisant pour vivre, continuer à investir dans leur outil de travail, tout en ne perdant pas de vue que, si tel n'était pas le cas, nous n'aurions alors même plus de raison d'exister ? Et d'illustrer ses dires par une image parlante : “Peut-on faire vivre des pays sans paysans ? Sûrement pas”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires