Autonomie et sécurisation fourragère, enjeux pour demain

Catherine Perrot

Les échanges ont beaucoup tourné autour des choix culturaux de Vincent Fleurance (à gauche) qui recevait le groupe chez lui, à La Remaudière.
Les échanges ont beaucoup tourné autour des choix culturaux de Vincent Fleurance (à gauche) qui recevait le groupe chez lui, à La Remaudière.

Mardi 19 février dernier, les éleveurs membres du réseau d’élevage lait de la chambre d’agriculture se sont retrouvés chez l’un d’entre eux, à La Remaudière, pour une journée entière consacrée au thème de l’autonomie fourragère.

En cet hiver marqué par d’importantes précipitations, qui auront un impact sur la plupart des récoltes à venir, les membres du réseau lait ont décidé de consacrer leur réu-nion au thème des ressources fourragères : comment les diversifier les ressources fourragères pour améliorer l’autonomie et la robustesse du système ? (1)
La rencontre s’est tenue au Gaec Sainte-Catherine, à La Remaudière, chez Solange, Marcel et Vincent Fleurance. La matinée a été consacrée à la présentation détaillée de la ferme, de ses moyens de production, de sa main-d’œuvre et de ses objectifs pour 2015-2020, ainsi qu’à une visite de la ferme et une présentation concrète des cultures fourragères en place, notamment la luzerne et les couverts hivernaux.
En après-midi, place à la réflexion, avec notamment la présence de deux ingénieurs agronomes de la chambre d’agriculture, Jean-Luc Gayet et Philippe Lemaire. Les discussions ont notamment tourné autour des mélanges céréales-protéagineux ensilés immatures : les avis des éleveurs les ayant expérimentés sont variés, certains estimant que ces fourrages ne conviennent pas aux vaches – « mais seulement aux génisses et aux mâles ». L’absence de références alimentaires est également un frein à leur utilisation. Des pistes de solutions pourraient être le stade de récolte (plus précoce), et la composition du mélange.
L’intérêt des couverts végétaux (hivernaux et estivaux) en tant que fourrages a également été beaucoup discuté, notamment sur le rapport coût/UF apportées. Différentes pistes ont été citées pour éviter les aléas parfois rencontrés : semer tôt dès les battages, voire semer dans la céréale, ou en améliorer la composition.

Les agronomes présents ont répondu aux nombreuses questions des éleveurs, sur les espèces disponibles, leurs propriétés, leurs éventuelles in-compatibilités… Ils ont également apporté une « autre vision ». « Vous, vous avez une vision d’éleveur, qui s’exprime en UF récoltées par hectare », explique Philippe Lemaire. Lui, développe plutôt une vision d’agronome, qui se préoccupe du sol, de sa vie et de sa pérennité. Ainsi, pour un agronome, une sécheresse ou un gel ne sont pas « mauvais », dans la mesure où « ils contribuent à la structuration profonde du sol ». Heureusement, ces deux visions ne sont pas antinomiques mais complémentaires, puisque dans les deux cas, la notion d’autonomie de fonctionnement est fondamentale.

1)Dans le cadre du thème général du cycle qui est la stratégie des exploitations laitières à l’horizon 2020

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier