Baie de Somme : La salicorne, une plante qui vous veut du bien

Annie Dennequin

Baie de Somme : La salicorne, une plante qui vous veut du bien

Sophie Tellier, 29 ans, est pêcheur à pied dans la Baie de Somme, elle ramasse de la salicorne, un « haricot de mer » méconnu aux qualités nutritives exceptionnelles.

Pêcheur à pied, eh oui ! C'est un métier à part entière, même s'il est peu connu. Dans la Baie de Somme, ils sont 150 hommes et femmes à détenir leurs licences de pêcheur à pied. En fait, ils en possèdent au moins deux: une pour la salicorne et une pour les coques. Renouvelables chaque année, ces dernières leur coûtent 150 € pour la première et 260 pour la seconde. Tous ces pêcheurs à pied ont suivi une formation de cultures marines et sont inscrits à la MSA.

« Je suis née dedans »

Sophie Tellier, cette jeune femme dynamique née dans la Baie de Somme, à Noyelles-sur-Mer, ne se destinait pas à ce métier, «je voulais être dans le commerce. Très jeune, j'ai rencontré Christophe, mon compagnon, qui était déjà dans le milieu de la pêche, comme toute sa famille depuis trois générations. Je suis donc devenue pêcheur à pied. Je le seconde pour l'expédition et la commercialisation de nos produits, car nous sommes l'une des quatre entreprises de pêcheurs à pied-expéditeurs de la Baie. J'aime mon métier, déclare Sophie, qui ne compte pas ses heures, et qui ajoute d'ailleurs, je suis née dedans.»

Une plante naturelle

La salicorne (voir encadré) pousse naturellement dans les préssalés de la Baie de Somme. Elle est ramassée à la main à l'aide d'un couteau ou d'une «faucille» par les pêcheurs à pied, principalement le matin, à marée basse. « Seulement une semaine par mois, en marée “morte-eau”, elle n'est pas recouverte par la mer à marée haute, précise Sophie. Cette plante a besoin à la fois d'eau de mer, d'eau douce et de soleil. »La récolte de la salicorne, dont les dates de récoltes sont fixées chaque année, démarre fin mai et se termine fin août, début septembre.

Chaque jour, les quinze pêcheurs à pied qui travaillent pour Christophe et Sophie, leur apportent la salicorne préalablement triée et débarassée des mauvaises herbes. Puis, ils la pèsent et la conditionnent en cagettes. Le lendemain, elle est acheminée par Christophe en camion réfrigéré à Boulogne sur-Mer chez des mareyeurs. «Les trois-quarts de notre production partent là-bas. En ce moment la demande en salicorne diminue : chaque soir, nous “taxons” les pêcheurs à pied : nous leur fixons la quantité à ramasser. Jusqu'en juillet, les pêcheurs font jusqu'à 100 kg par jour mais aujourd'hui, c'est plutôt 50 maximum. Nous les payons 1,60€/kg environ en août alors qu'en début de saison c'est plutôt 3€. Tous ces pêcheurs vont ensuite embrayer sur la pêche aux coques. D'ailleurs, demain, nous avons une commission qui va décider de la date d'ouverture de cette pêche. »

 

300 hectares de concessions du domaine public ont été alloués à l'association des pêcheurs à pied qui a vu le jour en 2000. Une première en France. Actuellement, seuls 24 ha sont exploités et entretenus par débroussaillage ou labourage. «Nous recevons des aides du conseil général et du conseil régional pour l'entretien de ces terres, affirme Sophie, en plus des 6000 € annuels reversés par l'association.» Sans cette initiative, même si elle est encore insuffisante, la salicorne aurait disparu. Car la spartine, une herbe invasive, sévit toujours dans la Baie de Somme. Sans compter l'envasement de la Baie qui devient de plus en plus préoccupant…

Source JA Mag

Publié par Annie Dennequin

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