Beaujolais : Des viticulteurs jugés pour trafic de sucre

Une cinquantaine de viticulteurs, quatre supermarchés et quatre intermédiaires, sont jugés pour un trafic de sucre qui aurait servi à surchaptaliser des vins du Beaujolais entre 2004 et 2006.

Les prévenus comparaissent jusqu'à mercredi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône pour vente ou achat de sucre sans facture et falsification de denrées alimentaires. Ils encourent jusqu'à 37.500 euros d'amende et deux ans de prison.

Ce sucre, près de 600 tonnes, visait à pallier le manque de sucre naturel dans le raisin afin d'augmenter le degré d'alcool. Cette pratique de la chaptalisation est autorisée mais strictement encadrée : le degré d'alcool dans le vin ne peut être augmenté que de deux degrés maximum, et à l'aide de 200 kg de sucre par hectare maximum. Les viticulteurs poursuivis sont soupçonnés d'avoir ajouté une quantité de sucre supérieure à ce maximum autorisé.

L'Interprofession du Beaujolais, tout en condamnant cette pratique, estiment qu'il faut relativiser les chiffres. « Sur les 600 tonnes de départ, seules 20 à 30 t semblent avoir été utilisées par des vignerons du Beaujolais pour augmenter la teneur en alcool de quelques dixièmes de degrés seulement au-delà des 2 degrés réglementaires », explique Dominique Capart, président d'Interbeaujolais.

Selon lui, les vignerons ont dépassé le seuil en toute bonne foi. La plupart ayant déclaré et payé les droits sur tout le sucre utilisé. « Ils pensaient y avoir droit dans le cadre d'une dérogation réclamée par les instances professionnelles pour 2004, qui n'a finalement pas été obtenue », affirme-t-il.

Source AFP

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