Bien choisir le reproducteur charolais avant de croiser

Renaud Saint-André

La coopérative cherche à mieux valoriser les broutards vers l'export. Le croisement de qualité est une des pistes.

La coopérative n'a cessé de grandir. Dans le département, on se souvient de JBC : Jeunes bovins du Cantal. Une petite structure absorbée par la Cemac aveyronnaise qui, en 2007, fusionnait avec les Lozériens de Cobevial. Aujourd'hui, la coopérative se félicite d'évolutions positives constatées dans le département. Une croissance envisagée comme “durable” par les principaux responsables. Contraire-ment à leurs voisins limitrophes, les éleveurs cantaliens n'engagent pas forcément la totalité de leur production dans les filières Cemac (notamment pour les nouveaux venus), souvent perçu comme un opérateur commercial, davantage que comme une coopérative. Ainsi, objectivement, préfère-t-on parler d'apporteurs que d'adhérents, pour cette section locale.

Plus de 10 000 têtes commercialisées

Lors de l'assemblée générale de ce secteur, le nouveau directeur, Hervé Chapelle, a livré les chiffres : 350 apporteurs (sur 1 500 en tout), répartis essentiellement sur les zones de Châtaigneraie et autour de Mauriac. Parmi eux, seulement une vingtaine sont des éleveurs ovins, l'immense majorité produisant du bovin maigre ; 10 246 animaux ont été achetés l'an passé (dont 9 600 sont entrés dans le centre d'allotement du Pontet), le solde partant directement en Aveyron ou en Lozère. Soit environ 21 % du volume traité par la Cemac. “Nous avons à faire à un support rustique, essentiellement salers. Les purs partent en Normandie se faire engraisser ; les aubrac, relativement plus lourds, partent en Italie”, explique Hervé Chapelle. Mais surtout, il incite les éleveurs à davantage de croisement, pour une meilleure valorisation. “En 2010, 60 % du maigre était croisé charolais. Il faut conforter et améliorer ce taux pour travailler la valeur ajoutée”, estime-t-il.

 

Apporter de la plus-value

Le prix moyen par tête d'aubrac pur commercialisé par la coopérative était de 913 e en 2010. Soit 222 e de plus qu'un salers pur (plus léger), mais seulement 30 e de plus qu'un broutard salers croisé charolais. L'aubrac croisé fait également mieux, valorisé 89 e supplémentaires par rapport à cette base. “Mais il y a charolais et charolais”, tempère le directeur général de la Cemac qui souhaiterait que l'on se penche davantage sur le volet génétique du reproducteur. “L'incidence du taureau sur le prix du jeune bovin croisé est directe”, affirme Hervé Chapelle. Outre la sélection de taureaux d'insémination pour lesquels on vise l'excellence, la Cemac s'intéresse aussi à la monte naturelle. “Et pas forcément avec des taureaux prêts à saillir, mais en les choisissant lorsqu'ils ont à peu près un an”. En ce sens, la coopérative propose d'accompagner l'éleveur et par ailleurs de passer divers accords pour choisir des pédigrés adaptés. Le 23 juin, la coopérative tiendra à Laguiole son assemblée générale annuelle plénière. Il y sera notamment question du marché italien, avec l'intervention de Mélanie Richard de l'Institut de l'élevage qui brossera un état des lieux avant de livrer des pistes nouvelles. Tous les adhérents y sont conviés.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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