Biocarburants de première génération : pas plus de 5% d’ici 2020

Biocarburants de première génération : pas plus de 5% d’ici 2020
Objectif de l'UE : restreindre la conversion de terres en cultures destinées à la production de biocarburants (DR)

La Commission européenne propose une réorientation de sa politique en matière de biocarburants, afin d'en réduire l'impact négatif sur la production alimentaire et veut limiter à 5% la part des biocarburants de première génération.

Les professionels français des biocarburants mécontents

Les producteurs français de biocarburants jugent "inacceptable" le revirement de Bruxelles, le jugeant destructeur d'emplois et d'investissements et fondé sur une étude "hautement contestée".  "C'est un mauvais compromis politique (...) qui met à mal l'ensemble du développement agricole et industriel sans compter les emplois européens qui sont menacés",  déclare Jean-Philippe Puig de Sofiprotéol, premier producteur français et européen de biodiesel. La Filière française du Bioéthanol (FFB) dénonce pour sa part un "retour en arrière incompréhensible" et "inacceptable".

Seul motif de satisfaction: la prise en compte du "facteur Casi" se fera de façon indicative et non obligatoire, comme envisagé un temps par Bruxelles. Il vise à prendre en compte les émissions de CO2 qu'entraîne l'usage de nouvelles terres agricoles prises sur les prairies et les forêts pour compenser la production non alimentaire dévolue aux biocarburants.  "Si le facteur Casi était retenu à titre obligatoire, on arrêtait toutes les usines. Le biodiesel n'aurait plus répondu aux contraintes de durabilité et les pétroliers auraient arrêté d'en acheter",  souligne une source industrielle.

Les industriels contestent également l'étude américaine Ifpri qui a inspiré ces calculs et demandent des études complémentaires.

Bruxelles souhaite plafonner la part des biocarburants dits de "première génération", c'est-à-dire produits à base de cultures alimentaires (blé, maïs, betteraves, colza, etc.), afin d'encourager la filière à développer des biocarburants à base d'autres matières premières comme les déchets et la paille.

Les biocarburants de première génération, qui représentent aujourd'hui 4,5% de la consommation d'énergie du secteur des transports dans l'UE, ne devront pas dépasser le seuil des 5% d'ici à 2020, selon la proposition de la Commission européenne. L'objectif global de parvenir à 10% d'énergies renouvelables dans le secteur des transports d'ici à 2020 reste toutefois inchangé.

Il s'agit de "restreindre la conversion de terres en cultures destinées à la production de biocarburants et d'accroître les effets bénéfiques sur le climat des biocarburants utilisés dans l'Union européenne", assure la Commission européenne dans un communiqué. "Cette proposition encouragera les biocarburants les plus performants", a assuré le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger.

En freinant le développement des biocarburants issus de cultures alimentaires, Bruxelles entend réduire les interférences avec la production alimentaire mondiale.

Source avec Afp

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