Biodiversité : Les oiseaux des champs disparaissent

Biodiversité : Les oiseaux des champs disparaissent

Alouette des champs, linotte mélodieuse ou tarier des prés: le déclin des oiseaux des champs - signe de l'appauvrissement de la diversité du vivant - se poursuit inexorablement en France, selon le Muséum d'histoire naturelle.

Les dernières données du programme sont sans équivoque: si l'on considère les 65 espèces les plus communes, la France a perdu, entre 1989 et 2009, 12% de ses effectifs d'oiseaux nicheurs. Un bilan peut encourageant en cette année de la biodiversité. « Nous ne sommes pas face à une extinction imminente d'une espèce rare mais face à une dégradation lente et progressive de la qualité de notre environnement », explique Frédéric Jiguet, coordinateur scientifique de ce programme.

Les espèces les plus touchées sont celles qui vivent en milieu agricole (-25%), en raison notamment des changements de pratiques (utilisation de pesticides, arrachage de haies, augmentation de la taille des parcelles). En 20 ans, la France a perdu une alouette des champs sur trois, trois linottes mélodieuses sur quatre.

... et les pigeons gagnent du terrain

Les autres espèces « spécialistes », que ce soit des milieux forestiers (pic épeiche, pouillot siffleur, roitelet huppé, mésange nonette) ou des milieux bâtis (hirondelle, chardonneret) sont également en recul (respectivement -12% et -21%).

Pendant ce temps, les espèces dites « généralistes » (pigeons ramiers, merles noirs, fauvettes à tête noire et mésanges charbonnières), plus adaptables à tous les types d'habitat, gagnent du terrain: +20% en 20 ans !

A la différence de certaines espèces menacées, comme la cigogne, il n'existe aucune législation spécifique pour lutter contre le déclin des oiseaux communs. « Si on veut avoir plus d'alouettes, il ne s'agit pas simplement de mettre en place des mesures dans un ou deux parcs naturels régionaux... Il faut une action de fond sur l'agriculture », résume Frédéric Jiguet.

« Avec les abeilles et autres pollinisateurs, le recul des oiseaux communs est l'indicateur le plus grave et le plus préoccupant de la perte de la biodiversité ‘ordinaire' qui participe à tous les équilibres, y compris les équilibres alimentaires », souligne la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno

* Stoc (Suivi temporel des oiseaux communs) Stoc (Suivi temporel des oiseaux communs)

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