Blé : Pas de risque de pénurie mais une fin de campagne tendue

SC

En réaction aux rumeurs d'une éventuelle pénurie de blé, FranceAgrimer se veut rassurant : même si le marché va être tendu en fin de campagne, tout risque de pénurie de blé peut-être écarté à l'échelle mondiale mais aussi française et européenne.

Non, il n'y a pas de risque de pénurie de blé a martelé FranceAgrimer à l'occasion de son conseil spécialisé céréales de mercredi dernier. Une atmosphère de crise s'est en effet instaurée depuis quelques jours sur le marché des céréales. Pourtant, d'après Christian Vanier de FranceAgriMer, les fondamentaux n'ont pas changé et il n'y a aucune raison réelle de voir apparaître de nouvelles tensions.

«Il y a un décalage entre la perception des opérateurs et la réalité du marché qui donne plutôt des signes de détente avec une récolte de blé meilleure que prévue en Australie et en Argentine», estime Christian Vanier. Les inondations dans le Queensland, région très peu productrice de céréales, n'auront en effet aucun impact sur la production de blé australien. La récolte australienne est déjà dans les silos et devrait dépasser les 20 millions de tonnes, soit une bonne récolte pour le continent australien.

Le dernier rapport USDA indique que la campagne de blé devrait se terminer sur un stock de report de 178 Mt, à comparer à des utilisations mondiales de 666 Mt, soit un ratio stock sur consommation de 27% (pratiquement 100 jours de consommation).


Le stock français passera sous la barre des 2Mt

En Europe, si tout risque de pénurie est également écarté, les stocks vont s'affaiblir. L'absence de la Russie sur le front des exportations amène en effet l'Europe, et particulièrement la France, à exporter des volumes importants de blé. Le stock de fin de campagne en France est prévu à 1,9 Mt, soit seulement 21 jours de consommation. FranceAgriMer estime toutefois que les Etats-Unis, qui détiennent encore de fortes disponibilités à l'exportation, devraient prendre le relais d l'UE au cours de la deuxième partie de campagne pour répondre aux besoins de l'Afrique et du Moyen-Orient.

Aujourd'hui, les stocks sont encore importants en France et étaient évalués à 11,3 Mt au 30 novembre(contre 10,3 Mt l'an passé à la même époque). Quatre mois après la moisson, 75% de la récolte a été apportée aux collecteurs et la marchandise est donc bien disponible.


Risque d'emballement des prix en sortie d'hiver

FranceAgrimer insiste donc pour que les opérateurs, sur le marché intérieur, procèdent de suite à leurs achats. « Inutile d'attendre que les prix se replient. A la sortie de l'hiver le marché risque fort de s'emballer de nouveau», prévient Xavier Rousselin, responsable du marché des céréales chez FranceAgriMer.

Il ne faut pas s'attendre à une baisse des prix du blé dans les prochains mois. D'autant que les opérateurs s'inquiètent déjà sur les quantités qui seront récoltées en Russie l'an prochain. Les semis ont été tardifs, l'implantation difficile, et l'on s'attend à une petite récolte dans ce pays. L'embargo russe sera-t-il levé ? Si oui quand ? Autant de questions qui maintiennent la pression sur le marché du blé. Le manque d'eau aux USA n'est pas non plus de bon augure pour la récolte américaine. Les surfaces semées en blé de printemps aux États-Unis risquent également d'être fortement concurrencées par le soja, le maïs, le sucre ou même le coton.

Publié par SC

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