Boeuf du Cantal à la reconquête des tables et des étals

PATRICIA OLIVIERI

leveurs, organisations de producteurs et bouchers ont soumis au Conseil général plusieurs pistes pour donner un nouvel essor à la filière locale Boeuf du Cantal.

Pourquoi ne pas s'inspirer de l'exemple des voisins limousins en plantant aux entrées du département des bannières à l'effigie de la viande estampillée Boeuf du Cantal, en installant aussi des panneaux à l'extérieur des élevages engagés dans cette filière de qualité née dans le département bien avant même la première crise de la vache folle ? Et multiplier les supports de communication chez les artisans bouchers partenaires, dans les collectivités... de telle sorte à vulgariser auprès du consommateur cette viande issue des deux races à viande autochtones et engager les restaurateurs locaux à s'y intéresser davantage ?
À l'image de Christian Siozard, boucher à Vic-sur-Cère, le syndicat des artisans bouchers du Cantal fourmille d'idées et de propositions pour donner un nouveau souffle à une démarche qui aurait pu sombrer dans un état végétatif si éleveurs, organisations de producteurs et bouchers regroupés au sein de l'Association viandes de qualité du Cantal n'avaient pris il y a deux ans le taureau par les cornes pour éviter ce déclin progressif.

Un virage pour redécoller

Un travail présenté mercredi sur l'exploitation de Jérôme Fau à Boisset qui a consisté en premier lieu à faire le deuil d'une possible IGP (indication géographique protégée) et à faire évoluer les critères techniques en s'adossant à un avenant de VBF (viande bovine française) tout en conservant l'essence première de Boeuf du Cantal : des animaux nés, élevés et aussi abattus dans le département.
Des génisses, vaches, boeufs de race salers, aubrac, avec dorénavant un élargissement aux croisés (pères charolais) et des conditions de maturation elles aussi précisées dans ce nouveau cahier des charges avec toujours en ligne de mire la différenciation de cette viande et une plus-value pour la filière.
Même si chacun s'est accordé à dire que le chemin serait encore long pour rallier à la cause Boeuf du Cantal de nouvelles boucheries, de nouveaux restaurateurs et intendants de collectivités, tous se sont dits confiants dans l'avenir de cette entreprise. “On ne va pas exploser les volumes d'un seul coup, a reconnu, lucide, Géraud Fruiquière, président de l'association. On va suivre la demande des bouchers en commençant par s'appuyer sur les 142 éleveurs actuellement référencés”.
Reste que cet ambitieux programme de séduction suppose aussi des moyens pécuniaires. Si Jean-Yves Bony, président de la commission agricole, a assuré du soutien du Conseil général, il n'a pas caché que l'effort accru demandé en appui à ce plan de communication nécessiterait de traquer des lignes budgétaires au sein d'une convention agricole déjà forcément sollicitée en cette année de sécheresse.







Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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