Bovins viande : Altitude met en place un plan d'action pour les éleveurs

P. OLIVIERI

Le groupe coopératif va accompagner les éleveurs sur la repousse du maigre et le contrôle de la fertilité des cheptels.

Tout en reconnaissant que le groupe coopératif “n'a pas vocation à se substituer à d'autres intervenants”, les administrateurs d'Altitude ont décidé, via un “plan d'action coopératif”, d'aider les éleveurs, et leurs adhérents notamment, à passer le cap d'une nouvelle période de restriction des échanges commerciaux. Un plan qu'ont souhaité exposer Jean-Pierre Château et Jacques Espinasse, respectivement président et directeur général d'Altitude, et qui porte sur deux volets : une aide à la repousse des broutards et un appui au contrôle de fertilité des animaux reproducteurs.

Donner toutes les cartes pour une “bonne repousse”

“Le pire serait de faire de la repousse au rabais”, analyse Jacques Espinasse évoquant l'actuel engraissement “forcé” des broutards par le blocage commercial. Alors, pour éviter une dépréciation des veaux faute d'une bonne alimentation, les adhérents du groupe clients de Centraliment vont bénéficier d'une remise de 30 e/tonne sur l'aliment broutard, soit une aide de l'ordre de 18 e/animal reporté. Une remise assortie d'un accompagnement technique mais aussi, pour les producteurs adhérents livrant à la coop, d'un délai de paiement de l'aliment jusqu'à la vente des animaux. Une contribution financière du groupe conséquente si on se réfère aux 10 000 broutards collectés et commercialisés par les Éleveurs du pays vert en année normale sur octobre, novembre et décembre. “C'est sûr que cela va peser sur les comptes du groupement et sur la section broutard, même si on retrouvera des veaux à la sortie”, concède Jacques Espinasse. “Budgétairement, cela avoisine les 400 à 500 000 euros”, précise le président. Mais pour les responsables d'Altitude, l'enjeu est de taille : “Personne ne peut dire comment sera le marché en janvier prochain. Si on regarde ce qui s'est passé suite au dernier blocage du printemps, une chose est sûre, les broutards bien repoussés tireront leur épingle du jeu”, prédit Jean-Pierre Château. Et pour son directeur, il y a peu à craindre d'une concurrence sur le marché italien : “Nous sommes relativement protégés sur ce débouché par la qualité de nos animaux. Le seul concurrent sérieux est l'Irlande mais leurs broutards sont moins nombreux et ont une moins bonne image.”

 

Éviter une “crise” génétique

Autre préoccupation : la capacité reproductrice du cheptel. Même si, à ce jour, les informations divergent quant à l'impact de la FCO sur la fertilité, le groupe a décidé d'appliquer le principe de précaution. “Nous allons proposé aux éleveurs, laitiers et allaitants, adhérents ou pas, de contrôler la fertilité de leurs taureaux de monte naturelle. Si un problème est détecté sur la semence prélevée, l'éleveur a la possibilité de faire réaliser un constat de gestation (par échographie ou fouille) sur le troupeau de femelles susceptibles d'être saillies par ces taureaux”, détaille le directeur. “S'il s'avère que les vaches sont vides, nous proposons alors un plan d'insémination artificielle (IA) de rattrapage à un tarif réduit de 12 e/IA.” De même, le groupe a prévu un contrôle de fertilité des vaches inséminées. Ce constat de gestation sera facturé à 50 % de son prix de revient. “On part du raisonnement que si on ne favorise pas ces contrôles, on pourrait bien avoir à faire face à une nouvelle catastrophe en terme de fertilité dans quelques mois”, argumente J. Espinasse. “Cela a donc un coût pour les éleveurs, que nous avons décidé d'atténuer.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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