Bretagne : Foot et mal-être agricole sur une plage interdite

Vous croyez que ça fait plaisir d'être montré du doigt sans arrêt ? » Des agriculteurs ont symboliquement joué au foot vendredi sur une plage bretonne, fermée à cause des algues vertes, pour marquer leur refus d'être jugés seuls responsables du phénomène.

Applaudie par quelques 400 exploitants, la rencontre s'est disputée entre des plots et des piquets plantés sur une bande de sable exempte d'algues de la plage Saint-Maurice de Morieux, près de Saint-Brieuc, fermée depuis le début d'une hécatombe de sangliers le mois dernier.

« Nous servons de cobayes et, vous voyez, on est en pleine forme », malgré de forts relents d'oeuf pourri émanant de bancs d'algues en décomposition à quelques mètres, a plaisanté Nicolas Morfoisse, producteur de lait et administrateur local de la FNSEA.

« Personne ne conteste qu'il y a des algues, et ce n'est pas nouveau. Ce qu'on conteste, ce sont les conclusions » sur leur nocivité et la responsabilité prépondérante de l'agriculture dans leur prolifération, a-t-il ajouté, pointant notamment « les rejets de stations d'épuration » qui, selon lui, ne sont pas aux normes.

Au-delà des discussions techniques, beaucoup d'exploitants ont témoigné du mal-être d'une profession qui accepte mal d'être stigmatisée après avoir été l'un des moteurs du développement économique de la Bretagne, devenue première région d'élevage de France.

« Ca suffit de se faire descendre tous les jours par les médias et les écolos », a tempêté Vincent, un jeune producteur de lait et de porcs à Lamballe (Côtes d'Armor).

« On est tombé dans l'anti-paysannerie. C'est facile de taper sur les paysans. On est venus pour dire qu'on travaille proprement. On a tous fait des efforts », a souligné de son côté Philippe Salion, un éleveur de truies près de Lannion.

Source AFP

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