Bruxelles : Une PAC plus juste et plus verte

Bruxelles envisage de rééquilibrer les subventions en faveur des petits agriculteurs et des Etats d'Europe de l'Est, tout en les rendant plus écologiques, selon les grandes lignes du projet de réforme de la Politique agricole commune (PAC) qui doivent être publiées jeudi.

Les aides de la PAC mieux réparties entre les Etats

Le texte retient trois options : une réforme radicale qui se traduirait par la fin des aides au revenu et la suppression de la plupart des mesures d'intervention sur les marchés, une redistribution plus équitable des aides, et enfin une solution intermédiaire de mise en place d'un régime d'aides plus équilibrées, plus ciblées et plus durables.

La France, l'Allemagne ou l'Italie ont clairement rejeté l'option d'une réforme radicale, défendue jusqu'ici par la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas.

Les aides de la PAC (59,8 milliards d'euros en 2009 soit quelque 40% du budget européen) doivent être mieux réparties, propose Bruxelles. Actuellement, les agriculteurs européens touchent en moyenne 271EUR d'aides par hectare. Mais l'actuelle clé de répartition, fondée sur des critères de production historiques, provoque aujourd'hui d'importantes variations d'un Etat à l'autre : de 460EUR/ha en Belgique et aux Pays-Bas à 95EUR/ha en Lettonie. En France, de loin le premier pays bénéficiaire de la PAC, la moyenne est de 300EUR/ha, selon une estimation interne de la Commission.

Refusant un taux unique dans toute l'Europe, M. Ciolos souhaite aussi éviter un rééquilibrage trop brutal en limitant les pertes et les gains. M. Ciolos devrait aussi proposer de plafonner les aides versées aux grandes exploitations, sans trop pénaliser celles qui emploient beaucoup de salariés, et d'introduire un « niveau minimum de paiements » pour soutenir les petites.

Des critères d'attribution plus écologiques

Enfin, les critères d'attribution des aides directes aux exploitants, mais aussi des aides de développement des zones rurales, devraient davantage tenir compte de l'environnement et du changement climatique.

Ces critères plus « verts » ont été très critiqués par le principal syndicat agricole européen, la Copa-Cogeca, qui a dénoncé leur coût et leur impact néfaste sur la viabilité économique du secteur.

A l'inverse, les ONG plaident pour que la réforme ne se contente pas de « changements superficiels » afin qu'elle cesse d'avoir des impacts négatifs tant sur l'environnement que sur les pays pauvres. Bruxelles propose aussi de cibler les paiements directs sur ceux qui en ont vraiment besoin : les « agriculteurs actifs ».

Source AFP

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Commentaires 1

3r3e

oui oui, c'est sûr, rééquilibrages, lissages et autres écrêtages sont magnifiques sur le papier. Mais on sait d'avance qui en bénéficiera: ceux d'entre les agriculteurs qui ont le temps d'aller à Paris ou à Bruxelles "défendre" leur boutique: les céréaliers. Donc, mort à l'élevage, laitier en particuliers, et place aux céréales partout en France, même dans des périmetres incultivables, qu'on prendra soin de laisser aux bobos bio qui ne veulent plus de traction mécanique (voir les réactions à la pétition de M.Hulot). Et puis, à la place des élevages, on "a qu'à mettre" des méthaniseurs en pagaille comme les Allemands se vantent d'avoir fait pour faire de l'électricité 4 fois plus chère que le nucléaire...

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