Buron du Cantal - Le SOS du président face à des aides publiques qui font défaut

Propos recueillis par C. Fournier

Marcel Besombes : “Sauver les burons”.
Marcel Besombes : “Sauver les burons”. C.Fournier

L’Association pour la sauvegarde des burons du Cantal tiendra son assemblée générale le 2 août à Pierrefort. Questions au président, Marcel Besombes.

 

L’association existe depuis 1984. Comment est venue l’idée de la créer ? Marcel Bezombes : “Nous nous sommes aperçus que ce patrimoine était essentiel à l’économie du département. Mille burons étaient encore en fonctionnement après la guerre et fabriquaient du fromage. Mais la conjugaison de plusieurs facteurs allait changer tout ça : l’accélération de l’exode rural doublé de conditions de travail plus que précaires allait engendrer un manque de main-d’œuvre. À cela s’ajoutaient des fromages qui se vendaient mal, et un marché inorganisé. Tant et si bien qu’en 1960, nous nous trouvons devant la disparition de ce système transhumant-fromager. Les estives qui accueillaient jusqu’alors des laitières, accueillent des allaitantes et des génisses. Quant aux burons, faute de personnel et d’activité, ils font face à un manque total d’entretien. C’est donc le délabrement avec des propriétaires qui n’ont pas plus d’utilité à les entretenir que les bailleurs. Ce patrimoine devait être conservé. Nous nous sommes donc dit qu’il fallait aider les gens à le sauver, du moins en partie, voire trouver une autre utilisation à ce patrimoine.”

 

Laquelle ?

M.B. : “Aujourd’hui par exemple, si quatre burons font encore du fromage, il existe des burons refuges de montagne, quelques burons qui font de l’accueil ou de la restauration, deux burons musées et des burons de résidence estivale.”

À ce jour, combien de burons ont-ils été sauvés grâce à l’association ?

M.B. : “Le premier financeur a été le Crédit agricole. À travers sa fondation nationale, nous avons pu restaurer cinq burons peu après 1984. À ce jour, on estime que l’association a permis de restaurer ou de sauvegarder directement ou indirectement plus de 100 burons.”

Et ces dernières années ?

M.B. : “Treize projets ont abouti. Les co-financeurs étaient le Feader et le Conseil général pour un total d’aides publiques de 148 726 € qui ont permis de réaliser ces opérations.”

Alors, aujourd’hui, vous êtes sur la bonne voie ?

M.B. : “C’est au contraire un SOS que je lance. Au cours des années passées, de nombreux burons ont été sauvegardés grâce aux aides publiques, mais aujourd’hui nous constatons que les financeurs ne répondent plus. Seule la Fondation du patrimoine permet, sous certaines conditions, des avantages fiscaux. Quant aux crédits européens ils ne sont éventuellement attribués que si localement il y a une contrepartie. Or, le Conseil général n’a pas retenu les burons dans ses priorités financières relatives au patrimoine…”

Alors, le futur s’annonce difficile ?

M.B. : “Quelques propriétaires de burons font les travaux sans avoir recours aux aides, mais le plus grand nombre attend cette contribution pour se décider à investir sur un patrimoine qui ne présente plus d’intérêt économique ou rarement. Financements ou pas, j’ai toujours sensibilisé les propriétaires à l’intérêt de conserver ce patrimoine dont la mémoire est inscrite dans notre agriculture. Nous ne désespérons pas de trouver des solutions mais, pour l’instant, l’horizon est bouché.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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