Cantal : La cause environnementale bien défendue

R. Saint-André

Après des campagnes de sensibilisation, de premières opérations concrètes se mettent en place sur le territoire.

Le Cantal compte parmi les départements les plus en pointe au niveau de la sensibilisation à l'environnement et à la mise en place d'outils ressource. Le CPIE de Haute-Auvergne (Centre permanent d'initiatives à l'environnement) a joué un rôle très important. Vendredi dernier, son président et quelques partenaires dressaient le bilan de ces dernières années. Le président, Vincent Bessat, a d'abord souligné le succès du Guide des connaissances généralistes. Les 3 000 exemplaires ont tous été distribués. Le document reste téléchargeable sur le site du CPIE. Ensuite, l'association n'a pu que se féliciter de l'intérêt du public témoigné au cours des 25 réunions organisées sur l'ensemble du territoire et qui a réuni quelque 500 personnes autour des thèmes des enjeux environnementaux.

Un levier économique... et social !

Des actions rendues possibles grâce à un soutien sans faille de divers partenaires et d'une méthode de travail coordonnée qui porte ses fruits. Ainsi, la notion de “contrainte environnementale” finit-elle par s'éclipser. La biodiversité, le paysage ou la ressource en eau sont présentés comme autant de chances ; l'environnement comme un possible levier économique. À cet égard, Vincent Nigou, technicien à la Chambre d'agriculture, admet que “certains agriculteurs voient encore l'environnement comme une contrainte”, mais plus étonnant, que “beaucoup ne le voit pas du tout !” Comme pour les rassurer, Louis Galtier, vice-président du Conseil général, souligne que la richesse et la diversité du paysage ont toujours été très liées à l'activité de l'homme. Selon lui, pas question de percevoir le patrimoine naturel du Cantal à travers le prisme d'une “vision parisienne”... Aline Cherpeau du CPIE promet que l'association travaillera toujours davantage auprès des acteurs économiques : agriculteurs, bien sûr, mais aussi prestataires touristiques, etc.

 

Du retard sur le bio

Outre le volet économique, Vincent Bessat pense que la préservation de l'environnement a aussi un rôle social. Il appuie son discours sur un exemple : “Une personne qui paie certes un loyer modéré dans un logement dit social n'arrive pas à régler sa facture énergétique trop élevée. Isoler et installer un chauffage plus écologique servira l'économie artisanale, servira l'environnement en rejetant moins de CO2 et aura un vrai rôle social en diminuant la facture de ces revenus modestes”. Pour y parvenir, la volonté politique doit être clairement énoncée. Elle l'est de plus en plus de la part des collectivités (communes, intercommunalités, département) qui conditionnent désormais leurs aides. Les élus s'engagent également à travers des Agenda 21 par exemple. S'ils n'auront pas trop de difficulté à économiser l'éclairage public de nuit, en revanche, mettre du bio dans les assiettes des cantines n'est pas encore gagné. Car si effectivement le Cantal est en avance sur certains points, il ne l'est pas en terme de développement de l'agriculture biologique. Les départements qui se distinguent le plus sur ce point là, sont ceux qui étaient jusqu'alors montrés du doigt, il y a quelques temps. Ils ont su construire des filières et générer des volumes pertinents. Le Cantal a clairement du retard. Non, “on n'a jamais fait de bio sans le savoir”, comme on l'entend si souvent...
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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