CER FRANCE Gironde : L'évolution des coûts moyens des productions de maïs

Lors d'une réunion du Saf club d'Aquitaine, CER FRANCE Gironde, cabinet de conseil – gestion –expertise comptable a présenté l'évolution des coûts moyens de production des exploitations agricoles à dominante maïs des récoltes 2002 à 2009.

Les analystes, conseiller de gestion et conseiller grandes cultures de CER FRANCE Gironde ont sélectionné un échantillon d'exploitations spécialisées dans la culture du maïs sur sols forestiers aquitains. Ses entreprises d'une surface moyenne de 220 ha irriguent intégralement leurs cultures par pivot. L'étude a été réalisée en euros courants, la conversion en euros constants module les résultats de 11% entre 2002 et 2009.

Les intrants, 27 % des charges courantes

Les charges courantes des exploitations ont suivi une évolution quasi régulière ces huit dernières années, pour passer de 1 680 € à l'hectare en 2002, à 2 053 € l'hectare en 2009, en constatant une pointe à 2 147 € l'hectare en 2008. Les intrants, composés des engrais, semences, et produits de traitement suivent la même progression. L'augmentation de ce poste est de 64 % sur la période 2002-2009, pour atteindre 596 € l'hectare en 2009.

Si la part des dépenses occupée par les semences et les produits phytosanitaires est à peu près stable, celle des engrais double entre 2002 et 2009. Cela peut s'expliquer par une situation tendue sur le marché des engrais au niveau mondial, suite à une forte demande. Certains éléments se cumulent : la montée du prix du pétrole – impactant les prix des transports-, et celle du gaz, composant des engrais azotés, à laquelle s'ajoute l'augmentation des surfaces cultivées notamment aux Etats-Unis, Brésil et Europe.

Une augmentation de 16% sur 8 ans des charges de mécanisation et d'irrigation

Mécanisation et irrigation englobent les postes carburant, entretien, amortissement et crédits baux, ainsi que les travaux faits par des tiers à l'exploitation. Le cumul de ces postes passe de 534 € en 2002, à 618 € l'hectare en 2009. En analysant ces postes, nous constatons l'impact de l'augmentation des produits pétroliers en 2008. Par ailleurs, la diminution des charges d'amortissement et crédit bail (13% en 8 ans), due à des non renouvellement d'investissements se répercute sur le poste entretien du matériel qui augmente de 30% entre 2002 et 2008. Le ralentissement des investissements en matériel s'explique également par la part croissante de travail mécanisé sous traité à des sociétés de travaux extérieures à l'entreprise. En effet, la part de ce poste dans l'ensemble des coûts de mécanisation et irrigation passe de 34% en 2002 à plus de 40% en 2008.

La main d'oeuvre : une augmentation de 31% entre 2002 et 2009

Afin d'intégrer la rémunération de la main d'oeuvre familiale à nos calculs nous avons corrigé les charges en enlevant la rémunération des associés dans le cadre sociétaire ainsi que les cotisations personnelles des exploitants pour les remplacer par une rémunération forfaitaire de 20 000 euros du travail de la famille. Les charges de main d'oeuvre salariée et familiale représentent 271 € l'hectare en 2009 contre 206 euros par hectare en 2002 soit une progression de 24%. Dans un même temps, le smic horaire est lui-même passé de 6.83 € à 8,82 € entre 2002 et 2009, soit + 29 %. La tendance de la répartition entre la main d'oeuvre salariée et la main d'oeuvre familiale s'inverse dès 2004. Cette dernière ne représente plus que 30 % des frais de main d'oeuvre à l'hectare en 2009, alors qu'elle équivalait à 55 % en 2002. Ce phénomène s'explique par deux facteurs : d'une part les exploitations font appel plus régulièrement à des entreprises de travaux extérieurs et d'autre part la main d'oeuvre familiale hors chef d'entreprise est de plus en plus salariée. Le nombre d'hectares cultivés par unité de main d'oeuvre ne varie quasiment pas sur la période et se situe autour de 110 ha.

Les frais financiers pèsent très lourds dans les charges des entreprises

Alors qu'ils atteignaient des montants record en 2006, 2007 et 2008 (132 € par hectare), les frais financiers se tassent légèrement en 2009. Le financement des encours de production génère la grande majorité des frais financiers. L'évolution des taux, les volumes des emprunts consentis peuvent expliquer les variations de ce poste. Nous devons cependant constater une forte dépendance des entreprises vis-à-vis de leurs partenaires financiers pour le financement de leur cycle de production.

Un débat productif

Après cet exposé de l'analyse des charges par les conseillers de CER FRANCE Gironde, les participants ont porté le débat sur l'évolution de la PAC et notamment de la réduction prévisible des primes dès 2010. Plusieurs idées ont été débattues : une optimisation plus poussée des charges (des groupes de réflexions vont être constitués pour y travailler), une auto régulation du marché (le tassement des produits induisant une réduction des prix au niveau des achats), une meilleure perception de l'agriculture par le grand public afin de maintenir une aide publique. Un tour de table a conclu le débat et a permis à chacun d'exprimer sa satisfaction sur la qualité de l'étude et la richesse des échanges. Une expérience à renouveler...

Source CER Gironde

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