Cerises du Sud Aveyron : Le gel fait d'importants dégâts

Alexandre CAYRAC

Cerises du Sud Aveyron : Le gel fait d'importants dégâts

Les gelées du week-end de Pâques et de la semaine dernière ont mis en péril la prochaine récolte de certains producteurs de cerises de la Vallée du Tarn.

En ce début de mois d'avril, tous les cerisiers de la Vallée du Tarn sont en fleur. «L'année s'annonçait précoce, nous avions encore 10 jours d'avance début mars et aujourd'hui nous sommes dans les temps» explique Bruno Douziech, arboriculteur de la vallée du Tarn.
Mais détrompez vous, les nombreuses fleurs blanches qui garnissent les cerisiers cachent encore les dégâts importants qu'ont causé les récentes gelées sur les vergers. Ce sont des «gelées blanches» selon Bruno Douziech, qui n'ont touché quasiment que le sud de la vallée le long du Tarn. Les hauteurs semblent en effet avoir été épargnées cette année. Les vergers du bas de la vallée ont eux subits de plein fouet les températures négatives. «L'ampleur des dégâts est inégale selon les endroits, mais certaines parcelles accusent quasiment 98% de pertes» regrette l'arboriculteur.
Il suffit en effet de s'approcher des cerisiers pour comprendre que la récolte 2008 sera pour certains bien maigre. Sur l'un de ses vergers, Bruno constate en effet que «tous les pistils sont «grillés» et ne pourront donc pas féconder. Les fleurs vont bientôt se flétrir puis tomber».

Lutte antigel ?

Même les variétés dites «résistantes» ont subit les effets du gel. Certaines encore en bourgeon n'ont pas non plus résisté alors qu'elles étaient moins exposées.
La lutte antigel existe mais les producteurs du sud Aveyron ne la pratiquent pas. L'utilisation de chaufferette, pour faire remonter la température au dessus de zéro, les nuits de gel, coûte en effet très cher.
«Le prix payé au producteur ne nous permet pas de nous lancer dans ce type de lutte» explique Bruno. En effet les arboriculteurs du Sud Aveyron accumulent les handicaps. Une densité d'arbre moins importante qu'ailleurs en raison d'un sol rocailleux assez pauvre et des parcelles non irriguées qui ont des rendements 4 fois inférieurs à certaines régions de France placent en effet le prix de revient des cerises aveyronnaises assez haut. Or l'année passée, le prix payé au producteur est même passé en dessous du coût de revient. Il y a enfin des distorsions de concurrence très importantes en matière de main d'oeuvre et de produits phytosanitaires avec les concurrents espagnols ou turcs.

Dégoût

Le dégoût se fait donc sentir chez les producteurs, qui accusent depuis quelques années la succession des aléas climatiques et commerciaux. «Cette année vient s'ajouter la pluie qui perturbe beaucoup la polennisation, car elle fait couler le pollen» souligne Bruno.
Les pronostics des producteurs font pour l'instant état d'une perte de 100 tonnes pour toute la vallée sur les 400 produites normalement.
«La cerise va mal» selon les mots de Bruno Douziech qui constate que «la culture de cerise ne fait aujourd'hui plus partie des projets d'installation des jeunes».
Malgré tout, la production de fruits devrait continuer dans le sud Aveyron qui possède un climat adapté, et se positionne notamment sur la prune mirabelle.

Source La Volonté Paysanne Aveyron

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