Certiphyto : obligatoire mais intéressant

C.Jahnich/APAP

Certiphyto : obligatoire mais intéressant
Sur le terrain, les éleveurs qui suivent la formation Certiphyto apprennent à piéger les rats taupiers et à adapter leurs pratiques de fertilisation pour limiter l’utilisation de désherbants. C.Jahnich/APAP

Au-delà de l’aspect règlementaire du Certiphyto, les éleveurs qui ont suivi la formation témoignent de son utilité.

Vendredi 17 octobre sur la parcelle de Vincent Fruquière à la sortie de Mauriac, une quinzaine d’éleveurs se rassemble autour d’Aurélie qui vient de piéger pour la première fois un rat taupier avec le système top-cat. La démonstration a produit son petit effet, et l’assemblée est tout ouïe lorsque Didier Nureau de la chambre d’agriculture et Pierre Lestrade de la FDGdon expliquent aux éleveurs comment lutter précocement et collectivement contre ce nuisible, qui fait tant de dégâts dans les prairies. Le tandem profite aussi de la présence de rumex pour préconiser d’autres pratiques de fertilisation afin de limiter l’usage des désherbants.

Un contenu bien adapté

Nous sommes dans une séance de travaux pratiques de la formation au Certiphyto et tout le monde a le sourire. Pourtant, personne ne voulait venir ! “Je suis là parce que c’est obligatoire et que j’avais peur de me faire taper sur les doigts”, avoue Aurélie. “Comme j’utilise très peu de pesticides, je ne me sentais pas vraiment concernée”, ajoute Marjorie. “J’avais toujours quelque chose de mieux à faire sur la ferme”, complète Daniel. Depuis le Grenelle de l’environnement, le Certiphyto (valable dix ans) fait partie de la panoplie de mesures visant à professionnaliser les utilisateurs de produits phytosanitaires : dès l’automne 2015, il faudra le présenter pour pouvoir acheter des pesticides ou encore lors de contrôles Pac liés à la conditionnalité des aides. Les éleveurs en zone herbagère, même s’ils utilisent peu de pesticides - essentiellement des désherbants pour le débroussaillage sous les clôtures et aux abords - sont donc concernés. Au départ contraints par la réglementation, les participants admettent à l’arrivée avoir bien profité de ces deux jours de formation. “Le contenu est adapté aux produits qu’on utilise sur prairies et à nos problématiques”, témoigne ainsi Aurélie.
“Au lieu de mettre l’accent sur les fongicides et les herbicides utilisés surtout par les éleveurs en zone de cultures annuelles, on propose un contenu davantage ciblé sur l’entretien des prairies, les méthodes alternatives ou encore les techniques de lutte contre les organismes nuisibles”, confirme Didier Nureau, animateur de la formation.

Prise de conscience sur les risques

Mais c’est visiblement le volet santé et environnement qui a le plus marqué les participants. “On a pris conscience que ce sont des produits toxiques que l’on manipule et que même si c’est juste une fois par an, il faut se protéger avec des gants et un masque”, affirment Aurélie et Marjorie. “J’ai compris que je faisais des erreurs comme utiliser des gants en latex”, admet de son côté Robert. “On se sent un peu plus responsables et on se dit qu’il y a des choses à revoir dans nos pratiques”, résume Daniel. Au final, aucun regret, “on n’a pas perdu notre temps !”, reconnaît le groupe d’agriculteurs. Reste à convaincre tous les autres de l’intérêt du Certiphyto : alors que 95 % des agriculteurs sont formés au niveau national et 75 % en Auvergne, ils ne sont que 60 % dans le Cantal à détenir leur précieux passeport.

Ne pas attendre

La formation au Certiphyto est obligatoire et gratuite pour les agriculteurs (financement Vivea). Pour s’inscrire, il faut contacter la Chambre d’agriculture qui précisera les modalités et les dates des prochaines sessions (sur fin 2014 et 2015). Bien que le gouvernement ait repoussé au 26 novembre 2015 l’échéance, la Chambre d’agriculture incite à ne pas attendre 2015 pour prendre rang, sachant que passé novembre 2015 la gratuité des formations ne sera peut-être plus assurée. Le contenu - sur deux jours - aborde la réglementation (stockage des pesticides, traçabilité, contrôle technique du pulvérisateur,…), les risques vis-à-vis de la santé - en partenariat avec la MSA -, la protection de l’environnement et un volet plus particulièrement adapté aux systèmes fourragers.

 

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