Chambre d'agriculture de la Mayenne : L'eau de pluie, une ressource en eau qui ne doit pas être négligée

Jean Marc PILET

L'utilisation de l'eau en exploitation agricole est multiple. L'intérêt qui résulte à la récupérer est bien sûr au niveau économique, même si d'autres points pourraient être mis en avant : image de marque de l'agriculture, autonomie partielle…

Des volumes conséquents à récupérer pour des utilisations très variées

A titre d'exemple, une toiture de 1300 m² permet de récupérer 750 m3 d'eau par an (pluviométrie annuelle de 800 mm). Les utilisations qui en découlent sont diverses (selon la réglementation et le principe de précaution) : lavages d'outils, des sols, irrigation, WC, traitement des cultures, abreuvement, réserve incendie…
Cependant l'utilisation d'eau potable reste nécessaire pour le lavage du matériel de traite (contact alimentaire).

Des précautions sont à envisager

Selon l'utilisation à laquelle on destine cette eau, il sera nécessaire ou non de la traiter. A titre d'exemple, l'abreuvement qui constitue un besoin important (un troupeau de 50 vaches laitières consomme en moyenne 1500 m3 d'eau par an) ne nécessite pas de traitement particulier de l'eau pour des gros bovins. Par contre, la qualité de la collecte et du stockage de cette eau (éléments de conception bien précis) constitue une nécessité

Comment se dimensionne l'installation ?

Le principe de base repose sur une obligation de disconnexion totale entre les réseaux « eau pluviale » et « eau potable ». Le stockage s'appréhendera de la façon suivante : son volume repose sur la hauteur et la répartition journalière des précipitations, la surface des toitures et leurs potentiel de récupération, le rendement du filtre, les besoins à satisfaire, la régularité ou l'irrégularité de la consommation, le taux d'autonomie visé ainsi que le coût et l'emplacement pour la cuve en question. Tout ceci est un compromis à bien mesurer car il en résulte tout l'intérêt économique de cette récupération d'eau.

A quel coût ?

Selon l'installation mise en place (surtout le volume de la cuve : 50 à 75% de l'investissement) et le traitement ou non de l'eau après stockage, les coûts peuvent variés sensiblement, c'est pourquoi une telle installation rentre vite en contradiction avec la création d'un puits ou d'un forage (quand cela est possible !) mais encore une fois, les cas sont différents et il faut étudier chaque situation (investissement total pour une cuve de 30 m3 en polyéthylène enterrée, aux environs de 17 000 €HT). Le prix de l'eau et des aides éventuelles pourront encore changer les approches de demain mais rien n'est sûr.

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