Chambre d'agriculture de la Mayenne : La méthanisation agricole

La méthanisation est un procédé qui transforme les matières organiques par fermentation anaérobie (sans oxygène). Il en résulte deux produits, un gaz appelé « biogaz » et un produit liquide (ou pâteux) appelé « digestat».

Principe de fonctionnement

Les fumiers, lisiers et autres produits fermentescibles sont introduits dans le digesteur (une fosse créant des conditions proches de la panse de la vache). Comme pour un ruminant, « la ration », apportée une à deux fois par jour, doit être équilibrée (taux de matière sèche 10 -15 %, pH entre 7 et 8, contrôle de la concentration d'azote, de graisses…). Le temps de présence du mélange dans le méthaniseur est d'environ 40 jours.

Les produits méthanisables

Les fumiers et lisiers : malgré un faible pouvoir méthanogène, ils font une base idéale pour stabiliser la méthanisation.
Les coproduits : leur pouvoir méthanogène est beaucoup plus important. Ils proviennent de l'agroalimentaire (graisse, déchets de légumes, fruits, céréales et certain déchets d'abattoirs) ou des collectivités (tontes, feuilles, déchets de cantines, boues…). Les produits ligneux (branchages, copeaux…) ne peuvent être méthanisés.
Les cultures énergétiques : Ensilage maïs, herbe ont un bon pouvoir méthanogène. En France, on ne conçoit pas la méthanisation à base de cultures énergétiques, sauf en petite quantité pour assurer des transitions si l'agriculteur n'est pas garanti de la stabilité de la fourniture des coproduits provenant de l'extérieur. De plus, leurs coûts grèvent la rentabilité de l'installation

Les produits issus de la méthanisation

Le biogaz (60 % méthane + 40 % gaz carbonique) a une valeur énergétique d‘environ 6 kWh / m3, (0,6 l de fuel / m3). Il est brûlé dans le moteur d'une génératrice pour produire de l'électricité qui sera vendue à EDF. La chaleur dégagée par le moteur est récupérée pour chauffer le digesteur mais aussi des bâtiments, habitations, serres...
Le digestat est un produit homogénéisé et hygiénisé. La concentration des éléments fertilisants (N, P, K, Ca) reste identique. L'azote est passé d'une forme organique à une forme minérale, il est plus rapidement assimilable par la plante et se substitue bien aux engrais minéraux. La méthanisation ne diminue pas la surface d'épandage, au contraire, l'azote des coproduits étant à comptabiliser dans le plan d'épandage.

Intérêts et limites de la méthanisation

La méthanisation permet de produire une énergie renouvelable et décentralisée et réduit les émissions de gaz à effet de serre. Elle désodorise le lisier et produit un digestat qui se substitut à la fertilisation minérale. Cependant, son coût, sa complexité administrative, la contractualisation des coproduits et la valorisation de la chaleur sont autant de freins aux projets.

Contact : Denis MAILLET - 02 43 67 38 75
denis.maillet@mayenne.chambagri.fr

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