Changement climatique : l’agriculture n’est pas un problème, au contraire !

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Changement climatique : l’agriculture n’est pas un problème, au contraire !

A quelques mois de la Conférence Paris Climat 2015 et à la veille de l’ouverture du SIA, le monde agricole proposera ses solutions pour faire face au changement climatique lors d'un forum international à Paris le 20 février, sous l'égide du ministère de l’Agriculture.

Quels leviers pour lutter contre le changement climatique ?

4 grands leviers agricoles ont été identifiés pour réduire les gaz à effet de serre à l’horizon 2030 :

  - L’évolution des pratiques agricoles (agro-écologie) : potentiel de réduction de 12 à 15 millions de tonnes de CO2
  - La préservation des terres agricoles et des prairies (8 à 10 millions)
  - Une gestion dynamique de la forêt et une utilisation croissante des bioproduits (25 à 30 millions)
  - La lutte contre le gaspillage (8 à 10 millions)

"On a souvent posé comme postulat que l'agriculture pouvait être un problème (pour le climat). Mais l'agriculture et la forêt peuvent aussi participer à la réduction des gaz à effet de serre", grâce à leur rôle de stockage du carbone et à l’exploitation de la biomasse, a expliqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, lors d'une présentation du colloque à la presse.

Un rôle majeur que la profession compte affirmer lors du forum international  « Agriculture et changement climatique » qui se déroulera demain et auquel  scientifiques et agriculteurs participeront, ainsi qu'assureurs, fournisseurs d'énergie et représentants de la société civile.

"L'agriculture, par les sols qu'elle exploite, capte 100 fois la valeur de ce qu'elle émet à travers ses pratiques", affirme Xavier Beulin, président de la FNSEA, qui participera à la conférence. "L'objectif est d'identifier les leviers sur lesquels nous pouvons agir, par l'innovation et la recherche" et de souligner la "contribution positive de l'agriculture", à travers des exemples de valorisation de la biomasse par exemple, a-t-il ajouté.

Loin d’être un handicap, l’agriculture est porteuse de solutions. Le président de la Fnsea milite notamment pour la construction de bâtiments d’élevage à énergie positive : « Ce n’est pas du rêve, il faut y aller, il faut être audacieux », clame-t-il.

"Il faut garder l’élevage, il n’y a pas de discussion là-dessus »

Des représentants du monde agricole  qui refusent également que l’élevage bovin soit considéré comme  le bouc émissaire du réchauffement climatique.

Stéphane Le Foll a rappelé son opposition au débat "faut-il ou pas manger de la viande?", dont l'un des arguments est qu'une plus faible consommation de viande permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des vaches. "Il faut garder l’élevage, il n’y a pas de discussion là-dessus. (...) Notamment  parce que la polyculture élevage est absolument nécessaire pour fournir la matière organique des sols. Et dire qu'on se priverait d'élevage pour régler un problème, ce serait en poser d'autres", a-t-il estimé.

"En admettant qu'il suffirait de diminuer le cheptel bovin pour réduire une partie des émissions de gaz [à effet de serre], qu'est-ce qu'on fait des prairies?", a-t-il lancé. "Si vous retournez les prairies, les gaz à effet de serre dégagés, en particulier le protoxyde d'azote, peuvent être  3 à 4 fois supérieurs à ce qu'on aurait gagné en réduisant le cheptel", a-t-il affirmé.

L’objectif de cette journée du 20 février est donc claire : que l’agriculture et l’agroalimentaire apportent sa contribution à la réflexion sur le changement climatique. Paris accueillera fin 2015 le sommet des Nations Unies sur le changement climatique (Cop21). Et François Hollande, fraîchement converti à la cause, a clairement affirmé sa volonté de "laisser une trace" dans l'histoire avec un "accord historique sur le climat".

Pour aller plus loin :
  Consulter le rapport du CGAER «  Les contributions possibles de l’agriculture et de la forêt à la lutte contre le changement climatique »

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Commentaires 1

lachevrevache

Le rapport du CGAER est fastidieux mais passionnant. Il enfonce des portes parfois largement ouvertes... Quand même, il est dit que les légumineuses permettent d'utiliser l'azote de l'air comme fertilisant pour remplacer les ammonitrates et limiter les émissions agricoles d'N2O; mais bon! Toutes les plantes ,dans un sol à activité biologique normale, non perturbée, utilisent l'azote de l'air, intégré dans le sol par de très nombreuses autres bactéries que celles compagnes des légumineuses. D'où l'intérêt des jachères et prairies longue durée pour les faire revenir. Pourquoi on le dit pas dans les cours d'agronomie? "L'innovation et la recherche", c'est en bio qu'il faut la faire, enfin! Mais pour ça faudrait savoir ce que ça veut dire: "bio"!

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