Changer ses pratiques (suite)

Carole de Boyer d'Eguilles

Changer ses pratiques (suite)

Autre source d'économie potentielle : si les sols sont adaptés, vous pouvez aussi opter pour les techniques culturales simplifiées.

Enfin, si vous en avez la possibilité, afin de diminuer le nombre d'heures d'utilisation du tracteur, optimiser le parcellaire en regroupant des surfaces et vos déplacements entre les chantiers ou bien organisez-vous pour travailler sur un assolement commun avec d'autres agriculteurs. Dans son rapport d'orientation 2009, JA propose d'ailleurs de favoriser le développement de l'assolement en commun. « Même si le problème de l'assolement en commun a été pris en considération par la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux, il reste des points à éclaircir. En effet, note le rapport, même si des efforts ont été faits, le dispositif de “société en participation“ permettant de mettre en oeuvre l'assolement en commun doit être simplifié pour faciliter la diffusion de ce type de pratique. Nous devons apporter rapidement des réponses aux questions qui restent posées : quelles sont les relations avec les coopératives, avec l'administration, qui est responsable de la facturation, qui supporte la responsabilité en cas de non-respect de la conditionnalité ? »

En élevage, valoriser au mieux le pâturage, si vous parvenez à gagner quinze jours de pâturage, vous économiserez 100 l de fioul pour 50 VL. Le raclage électrique est également moins gourmand. Une rationalisation des circuits de distribution des fourrages et l'optimisation de la fréquence et de la durée des tâches s'avèrent également des sources d'économie potentielle en gazole.

Dans les bâtiments d'élevage

Parce que l'élevage en bâtiment présente des niveaux élevés de consommation d'énergie, qui pèsent sur les coûts de production, les instituts techniques agricoles se sont penchés sur la question. Ainsi, en élevage porcin, des économies d'énergie peuvent être obtenues en optimisant les réglages et la bonne coordination du couple chauffage-ventilation, en entretenant le matériel, en optant pour des équipements économes en énergie, en la récupérant (échangeurs thermiques, pompes à chaleur), en utilisant des énergies renouvelables (chaudière à biomasse, solaire thermique et biogaz) mais aussi en améliorant les outils de production (isolation, étanchéité, talutage). Dans les élevages bovins, outre l'optimisation du choix de l'équipement (pour la distribution de fourrages et les pailleuses mécaniques), l'organisation de la circulation des engins peut être maximisée grâce à une implantation adéquate des différents ouvrages autour du bâtiment, à l'installation des équipements facilitant les accès (barrière canadienne, portes automatiques) et à la réalisation des opérations en l'absence des animaux. « Il convient de rechercher une conception optimale du bâtiment et des ouvertures et d'utiliser des engins facilement manoeuvrables de sorte à réduire le temps d'intervention, » note Jean-Baptiste Dollé dans l'étude « Les consommations d'énergie en bâtiments d'élevage bovin ». Il poursuit en proposant de retenir la puissance de traction en fonction de l'équipement de distribution, de paillage et de raclage. Dans ce cadre, plutôt qu'un lourd investissement, un matériel dans le cadre d'une Cuma ou en copropriété peut être une bonne solution. Pensez également à procéder régulièrement au réglage des moteurs grâce aux bancs d'essai. Vous pouvez aussi opter pour des racleurs mécaniques à chaînes ou hydrauliques.

 

En élevage laitier, la consommation annuelle de fioul en bâtiment représente en moyenne 890 kWh/vache laitière pour une durée de stabulation de six mois. La pratique la plus
consommatrice étant la distribution des aliments (48 % des consommations d'énergie, 90 % en système lisier et 50 % en système fumier). Selon l'Institut de l'élevage, en augmentant la part de pâturage, on réduit la consommation de fioul affairant à la distribution des aliments, encore faut-il que la structuration du foncier de l'exploitation le permette. L'installation de panneaux solaires, de chaudières à biomasse, de pompes à chaleur peut être pertinente mais il faut bien analyser l'intérêt économique de ces investissements, leur durée d'amortissement… et votre capacité à investir.

En aviculture, le fioul est essentiellement utilisé pour le matériel motorisé (épandage de chaux, broyage de la paille, curage…) et l'alimentation du groupe électrogène et de la génératrice en cas de panne électrique ou de tarification « effacement jours de pointe » (EJP) ou Tempo pendant les heures de pointe. Du côté de l'Itavi, les recherches se portent davantage sur la réduction de l'usage du gaz naturel et non du fioul (7 % de la consommation) et les conseils sont les mêmes que ceux délivrés aux éleveurs bovins : utiliser du matériel adapté et faire un diagnostic des tracteurs.

Source Ja Mag Novembre 2009

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