Chasse et dégâts de gibier en Aveyron : Développement inquiétant du gros gibier

Didier BOUVILLE

Le conseil d'administration de la section Chasse et Dégâts de gibier de la FDSEA s'est réuni mardi 18 janvier à Rodez sous la présidence de Claude Rabayrol. Une rencontre était notamment organisée avec la Fédération départementale des chasseurs.

Les responsables cantonaux ont fait le point durant la matinée sur les dossiers qui préoccupent la section, quelques jours après la fermeture générale de la chasse aux sangliers. Les sujets débattus en interne ont été repris l'après-midi en présence de Michel Gombert et Didier Béteille, respectivement président et directeur de la Fédération départementale des chasseurs, dans le cadre d'un échange où les agriculteurs ont pu exprimer leurs problèmes relatifs aux dégâts de gibiers sur les cultures, notamment ceux provoqués par les sangliers et les grands cervidés. Didier Béteille a indiqué que le nombre de dossiers de déclaration de dégâts de gibier était cette année «trois fois plus important que la normale», corroborant ainsi les inquiétudes exprimées sur le terrain agricole depuis des semaines.
Les 21 unités de gestion mises en place en Aveyron ont pour objectif de gérer la chasse aux sangliers sur un territoire défini et de façon concertée.Elles comptent en leur sein un comité de pilotage réunissant à parité des chasseurs et des agriculteurs. «Les unités de gestion ont un rôle important à jouer» assure Claude Rabayrol. «Mais il est important que les décisions soient prises d'abord en comité de pilotage puis validées lors de la réunion de l'unité de gestion avec la présence d'un technicien de la Fédération des chasseurs, ce qui n'est pas le cas partout». Michel Gombert a promis qu'il veillerait à ce que cette demande soit appliquée et que les réunions d'unités de gestion se déroulent en présence d'un maximum de présidents de sociétés de chasse.

Plus de souplesse

La section de dégâts de gibier milite toujours en faveur d'une plus grande souplesse des chasses en battue, afin de répondre rapidement aux dégâts provoqués par les hardes de sangliers qui peuplent de plus en plus l'Aveyron et toutes ses régions, jusqu'aux portes des villes... Michel Gombert a en effet indiqué que 86 sangliers avaient été tués entre sa commune de Luc et celle de Colombiès l'an dernier. La section FDSEA a encore dénoncé les lâchers de sangliers, «ce sont en général des croisés réputés plus sédentaires qui ont tendance à faire plus de dégâts sur les cultures» appuie Claude Rabayrol, étonné lui aussi de constater en Aveyron la présence croissante «de sangliers chinois», une race au gabarit plus réduit que celle d'origine endémique.

Vautours

Autre sujet évoqué, celui porté par la Fédération des chasseurs qui a imposé une surface minimum de 100 ha aux propriétaires pour disposer d'un carnet de battues et donc avoir le droit de chasser.Ce projet ne convient pas à la section FDSEA. S'agissant du tir au plomb du chevreuil, la section a soumis l'idée à la Fédération des chasseurs qui a répondu qu'elle étudierait la requête.
Enfin, la section FDSEA a rappelé qu'elle avait participé avec ses collègues de la Lozère à une réunion sur les vautours fin décembre pour mettre en place une procédure commune de maîtrise. Elle a pour but de réguler cette population de rapaces protégés en limitant l'alimentation sur les placettes. «Si une attaque est avérée contre un animal, une indemnisation doit être possible» a rappelé Claude Rabayrol. Des agriculteurs ont rapporté des témoignages édifiants sur la présence de ces vautours dans un territoire agricole de plus en plus confronté aux dégâts occasionnés par des espèces animales parfois introduites par l'homme comme les ragondins, voire des lynx.

Source La Volonté Paysanne

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