Comment réduire les dépenses d'énergie dans les serres?

Carole de Boyer d'Eguilles

Le fioul lourd ou domestique est principalement utilisé pour le chauffage (le gaz naturel étant le combustible le plus fréquemment utilisé). Pour réduire ce poste, les maraîchers et les horticulteurs ont déjà pour partie d'entre eux modifié le calendrier de culture et le changement de type de cultures (variétés et espèces). Certains ont également diminué la température de consigne.

L'Ademe qui a réalisé une étude sur « L'utilisation rationnelle de l'énergie dans les serres » propose toute une série d'actions à mettre en oeuvre pour réduire les dépenses du poste chauffage. Point sur celles qui sont les plus efficaces et les plus faciles à mettre en oeuvre. Sur l'existant, l'agence énonce quelques actions simples : entretenir le système de production de chaleur, optimiser les chaudières, isoler le système de distribution de chaleur, vérifier le système de gestion climatique, améliorer l'homogénéité du climat dans la serre et isoler les parties chauffées d'une serre des autres. D'autres stratégies peuvent être mises en oeuvre, mais demandent des investissements. Une stratégie de long terme sur une relocalisation des serres auprès de sites de production d'électricité ou d'autres types d'énergie, permettrait comme aux Pays-Bas de récupérer la chaleur produite.

Investir dans les bâtiments d'élevage

Parce que le poste chauffage est celui qui coûte le plus cher. Les instituts techniques valorisent plusieurs solutions. Les pompes à chaleur sont des systèmes composés de deux échangeurs thermiques et d'un liquide caloporteur permettant de puiser l'énergie dans une source de chaleur (sol, laveur d'air, réacteur biologique) pour la restituer ensuite dans le bâtiment. La chaleur récupérée peut, selon les cas, produire de l'eau chaude sanitaire, alimenter un circuit de chauffage ou encore assurer le chauffage des bâtiments grâce à des ventilo-convecteurs. Les chauffe-eau solaires permettent quant à eux de récupérer la chaleur avec des capteurs thermiques, puis de transmettre cette chaleur à l'eau contenue dans le réservoir. Dans une exploitation, ils peuvent être utiles pour le lavage des installations ou la préparation des aliments. Attention, sur un bâtiment existant, une déclaration de travaux auprès de la mairie est nécessaire. S'il s'agit d'un bâtiment neuf, il devra figurer sur les dessins du permis de construire. Pour les périodes moins ensoleillées, il faut prévoir des dispositifs d'appoint et de stockage. Une énergie gratuite après amortissement. Les chaudières à biomasse offrent une valorisation à certains résidus agricoles et ligneux en granule, puisque cette technique consiste simplement à faire brûler des matières organiques. Elles permettent de produire de la chaleur mais aussi de chauffer un bâtiment. Ces solutions réduisent la dépendance à l'égard des énergies fossiles et favorisent l'auto-suffisance. Dernière astuce : pour les bâtiments avec forte prise au vent, l'installation d'une haie ou d'un talus peut aider à la réduction des déperditions de chaleur tout comme l'injection de polyuréthane. Ce sera aussi un plus dans l'intégration paysagère des bâtiments !

 

C'est le cas des écrans thermiques, qui réduisent les pertes thermiques des serres la nuit, peuvent être pilotés (ouverture et fermeture) pour s'adapter aux besoins des cultures. Mais attention, cette solution n'est applicable en maraîchage qui si la hauteur sous chéneaux est inférieure à 3,2 m et en horticulture, cela nécessite d'avoir un espace libre sur 20cm au niveau des chéneaux. Le serriste pourra aussi investir dans une gestion par ordinateur central du climat. Autres solutions : l'isolation des parois latérales par film plastique. Seul bémol : il faut changer régulièrement car les films se dégradent sous l'effet de la lumière. Le serriste peut aussi opter pour la cogénération. Il s'agit d'une technique permettant la production, à partir d'un seul combustible, simultanément de l'énergie mécanique (en général de l'électricité) et de l'énergie thermique (chaleur). Résultat : un rendement énergétique global (le rapport entre l'énergie produite et l'énergie consommée) plus élevé que dans des filières traditionnelles. Efficace, cette action doit être réalisée après un diagnostic personnalisé, passant par une étude technico-économique de faisabilité. Quid des énergies alternatives ? Aux premiers rangs d'entre elles, figurent le bois, la biomasse et la géothermie de surface valorisée par des pompes à chaleur.

Source Ja Mag Novembre 2009

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