Comptes prévisionnels de l'agriculture 2010 : Le revenu se redresse après deux années de baisse

La forte hausse du revenu moyen des exploitations professionnelles en 2010, estimée à 66%, suit deux années de baisses cumulées de 46% entre 2007 et 2009. Au total, le revenu 2010 demeure inférieur à celui de 2007.

Après une baisse cumulée de 46% entre 2007 et 2009, le résultat courant avant impôts par actif non salarié des exploitations professionnelles métropolitaines se redresserait fortement en 2010 (+ 66%) mais resterait inférieur de 11% à son niveau de 2007.

24.400 euros/an en moyenne

Le revenu annuel moyen, qui comprend les aides européennes et françaises perçues par les exploitations, aurait progressé de près de 10.000 euros pour s'établir à 24.400 euros, se rapprochant du record de 28.500 de 2007, selon des données du ministère de l'Agriculture.

«Compte tenu des niveaux de revenu très bas atteints en 2009 dans une majorité d'exploitations, un simple retour à la normale conduit à des variations relatives très fortes», analyse le ministère. Car si l'on examine les moyennes triennales des revenus moyens par actif non salarié, l'évolution de 2010 se situe dans le prolongement de la tendance baissière des cinq dernières années (- 5% par an).

Le revenu des céréaliers a plus que doublé

L'année 2010 est marquée par une forte progression du prix des céréales, oléagineux et protéagineux qui, conjuguée à la baisse des prix des engrais, permet un net redressement du revenu des exploitations de grandes cultures. Une aubaine pour les céréaliers français. Leurs revenus ont plus que doublé (+177%).

La hausse des prix des céréales a toutefois eu des incidences sur les coûts de production en fin d‘année dans les secteurs de l'élevage.

Hausse timide pour les élevages bovins viande et « hors sol »

Les éleveurs bénéficient, eux aussi, d'un effet de rattrapage de leur revenu, en particulier les producteurs laitiers (+89%), dont les revenus avaient chuté de plus de 50% en 2009. Un rattrapage lié à une hausse du prix du lait de 10%, aux aides d'urgence, ainsi qu'au versement anticipé d'une partie des aides de la PAC (politique agricole commune). La hausse du revenu des éleveurs de bovins viande est plus limitée (+25 %). Celle des éleveurs «hors sol» n'est que de 11%.

Dans les élevages d'herbivores, le revenu est en grande partie soutenu par les mesures de redistribution des aides dans le cadre du bilan de santé de la Pac. On peut estimer la contribution de ces nouvelles aides respectivement à 14% et 16% pour les bovins lait et bovins viande sur la base du revenu moyen des années 2007 à 2009.

Si le revenu des élevages bovins laitiers ou à viande se redresse en 2010, les tendances à court, comme à moyen terme, restent nettement négatives : - 14% en moyenne annuelle depuis cinq ans pour les éleveurs bovins viandes et - 6% pour les éleveurs laitiers.

Source : SSSP- Agreste- Rica et comptes par catégorie d'exploitations.

Source : SSSP- Agreste- Rica et comptes par catégorie d'exploitations.

 

Evolution 2010/2009 du résultat courant avant impôt par actif non salarié (Source SSP)

Evolution 2010/2009 du résultat courant avant impôt par actif non salarié (Source SSP)

 

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