Conduire un maïs sans pesticides

L'Union du Cantal

Conduire un maïs sans pesticides
Rotation culturale, date de semis, lutte contre les adventices, fertilisation... : une conduite avisée permet des rendements corrects en bio. P.O

Produire 12 tonnes de matière sèche par hectare en maïs bio, c’est possible. Un exemple le 29 juillet à Mourjou.

La culture du maïs ensilage est souvent primordiale pour les exploitations qui y ont
recours. On lui réserve les meilleures terres, on l’implante en tête de rotation derrière prairie, on le couvre de fumier et de lisier… bref, on le bichonne. Dans ce contexte, la conduite biologique, sans engrais, sans protection insecticide des semences et sans désherbants chimiques apparaît comme un “suicide agronomique”. Et pourtant, il est possible de produire 12 tonnes de matière sèche/ha en bio. Démonstration dans cet article et lors de la visite du 29 juillet chez Benoît Espeysse à Lacan de Mourjou.

Rotation maïs : une seule fois tous les cinq ans

C’est la règle d’or en agriculture biologique : il faut respecter les taux de décroissance annuelle des mauvaises herbes, pour pouvoir les contenir. C’est pourquoi, lorsqu’une parcelle connaît des problèmes de dicotylédones comme les morelles, amarantes et chénopodes, qui ont des taux de décroissance annuelle inférieurs à 30 %/an, il est prudent d’attendre cinq ans avant de refaire un maïs ou une culture de printemps sur la même parcelle. 

Une plante tropicale

En agriculture biologique, pour s’assurer de conditions de terres réchauffées et d’une météo favorable (le maïs ne pousse qu’au- delà de +6°C), il est préférable de retarder les semis d’une semaine à dix jours par rapport aux conduites conventionnelles (mi-mai pour le bassin aurillacois). Certains en profitent pour réaliser un faux semis fin avril afin de déstocker les graines de surfaces. Pour mettre le maximum de chance au démarrage du maïs, il existe désormais des notations de vigueur des variétés de maïs, avec la mention “adaptée au semis direct”.  Les  variétés “Ambrosius” et  “MAS23B”, en indices 260, sont particulièrement vigoureuses. Enfin, le maïs apprécie d’avoir des sols poreux et une structure aérée qui facilitent le réchauffement du sol et les circulations d’eau. La charrue est l’outil idéal pour obtenir rapidement ce type de structure. Il est également possible de préparer son sol avec une succession d’outils à disques et à dents, si les sols ne sont pas envahis de plantes à rhizomes comme liseron ou chiendent. Le risque taupin est important, d’autant que le maïs est implanté derrière prairie. Pour le limiter, il faut miser sur la vigueur au démarrage du maïs et augmenter la densité de semis jusqu’à 120 000 grains/ha. Cette forte densité compensera également les pertes liées au passage de la herse étrille.

Gérer les mauvaises herbes : herse étrille et binage

En conduite biologique, il est conseillé de passer la herse étrille “en aveugle” avant la levée du maïs à la vitesse de 10 km/h, puis d’attendre le stade quatre feuilles pour repasser une deuxième fois très lentement à 3 km/h. Une autre technique en test chez Benoît Espeysse à Mourjou, consiste à installer des trèfles d’Alexandrie et vesiculosum dans l’inter-rang. Enfin, la dernière intervention possible est le binage, largement utilisé à partir du stade six feuilles. En conduite biologique, il faut accepter que la parcelle ne soit pas complètement “propre”. Encore une fois, c’est la vigueur du maïs qui fermera l’accès à la lumière aux adventices. Les étés froids et pluvieux comme 2012 (et peut-être 2014), sont beaucoup plus difficiles à gérer en bio. 

Apports organiques : jusqu’à 14 T MS/ha assurés

C’est ce que la chambre d’agriculture  du Cantal avait démontré en 1994 et 1995 sur sept parcelles de maïs dont deux irriguées, avec en prime, un reliquat d’azote fin de culture de 86 unités d’azote/ha. Cette performance s’explique par trois sources abondantes d’azote organique en polyculture élevage : le retournement de la prairie + un apport de 30 T/ha de fumier ou de lisier et la minéralisation de l’azote organique des sols. Dans le cas des maïs irrigués, la minéralisation de l’azote organique est encore plus marquée. 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 2

Ricodu28

Piga tout le début de l'article explique qu'il est possible de faire 12T de ms/ ha sans pesticides, engrais, ou autre; les 30T de fumier dont il est question à la fin permettent de monter à 14T de ms/ha. Les inter titres servent aussi quand on lis quelque chose; c'est quoi que tu ne comprends pas????

Piga 32

37tonnes de fumier ce n'est pas de l'engrais?

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires