Conférence sur la PAC à Copenhague : Paris n'acceptera pas que la spéculation détruise l'agriculture française

B.BOUCHOT d'après AFP

Intervenant à l'occasion d'une conférence internationale sur la politique agricole commune (PAC) après 2013, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a déclaré que la France, première puissance agricole en Europe, « n'acceptera pas que la spéculation agricole détruise des pans de l'agriculture française ou européenne » qui traverse sa plus grave crise des trois dernières décennies.

« Ce serait une erreur stratégique majeure de ne pas réagir à un moment où nous avons plus que jamais besoin d'une politique agricole commune », a-t-il déclaré. Pour lutter contre la spéculation, Paris propose « depuis plusieurs mois une régulation européenne des marchés agricoles » car « la volatilité des prix ne cesse de s'accroître ». « Nous courons le risque, dit-il, de voir disparaître des secteurs entiers de l'agriculture qui pourtant, pourraient être profitables dans l'élevage, les grandes cultures, les fruits et légumes, alors même que sur le long terme ils mériteraient d'être maintenus ».

L'agriculture, un secteur stratégique de l'UE

Le ministre a plaidé devant ses homologues danois, néerlandais, allemand et polonais présents à cette conférence, « pour le maintien de l'agriculture comme secteur stratégique de l'économie européenne ». « L'agriculture c'est 350 milliards d'euros de production chaque année, et avec l'agroalimentaire, elle représente quelque 800 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an », a-t-il souligné. L'UE est « le premier importateur et deuxième exportateur mondial de produits agricoles », et son agriculture exporte 30 milliards d'euros de plus chaque année que l'ensemble des exportations de l'industrie aéronautique européenne « , a-t-il relevé. » Je crois que ça mérite d'être rappelé, a-t-il dit, quand on voit les critiques qui sont faites parfois ici ou là contre la PAC car l'agriculture est une activité économique stratégique pour l'Europe et qui a besoin d'être défendue avec des instruments solides « . » Quand on a un atout aussi stratégique pour l'UE, on le défend, on ne l'affaiblit pas. On cherche à le conforter et non à y renoncer « , assure-t-il, soulignant » la nécessité d'une politique agricole commune forte « . C'est » la position de la France qui n'acceptera pas que la PAC soit la variable d'ajustement du prochain budget communautaire « selon M. Le Maire.

Source AFP

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