Congrès de la CNMCCA : L'agriculture nécessite une “gouvernance particulière”

Le 91e congrès de la CNMCCA (Groupama, MSA, coopératives agricoles, Crédit agricole) s'est ouvert le 28 mai, à Paris, dans un contexte de récession économique mondiale. Aussi la Confédération a-t-elle choisi “Gouvernance et mondialisation” pour thème à ses débats.

Face aux défis posés par des marchés très volatils et aux enjeux de sécurité alimentaire, la question de la prise en compte des intérêts agricoles au plan international s'impose, et ce de façon cruciale. Pour la CNMCCA, l'objectif est défini : doter le monde d'une “gouvernance particulière” pour l'agriculture et l'alimentation. Et selon le président de la Confédération et de Coop de France, Philippe Mangin, les organisations internationales que sont la FAO, le FMI ou d'autres, qui évoquent régulièrement aujourd'hui la question de l'équilibre alimentaire, “ne peuvent pas laisser l'OMC traiter l'agriculture sous le seul angle du commerce !”

Sans réclamer que la question agricole soit exclue du champ d'intervention de l'organisation genevoise, Philippe Mangin estime que “l'OMC peut réviser sur le sujet le socle de son approche”, centrée sur la libre circulation totale des biens et services, “notamment en faveur de régions spécifiques”, comme certains pays en développement.

Réglementer plutôt que laisser faire

Selon le président du CNMCCA, “on ne peut pas conclure le cycle de négociations de Doha, dit du développement, avec tout ce qu'on apprend aujourd'hui sur le plan alimentaire”. L'année 2009 aura vu en effet le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans le monde, dépasser la barrière historique du milliard d'individus, en majorité des paysans et des ruraux …

Pour Noël Dupuy, secrétaire général de la CNMCCA et président de la Fédération nationale du Crédit agricole, “un ensemble de règles doit être défini au niveau de l'OMC, de la FAO, du FMI… car dès que la crise va s'atténuer, nous risquons de revenir aux mauvaises habitudes, celles du laisser faire en économie”.

Baliser un nouveau chemin

En outre, les marchés étant de plus en plus volatils, la maîtrise des risques climatique, économique…, pour les producteurs agricoles, est un “enjeu majeur”, plaide la CNMCCA. “Certes, il reste des progrès à faire pour réduire les distorsions de concurrence”, selon Philippe Mangin, qui se souvient que l'agriculture a intégré les discussions du GATT, l'ancêtre de l'OMC, pour éviter le dumping commercial, démanteler des comportements protectionnistes peu justifiables, etc. Mais “il convient de baliser un modèle qui a fait ses preuves”, celui de l'économie de marché, rappelle-t-il. Selon lui, “des politiques agricoles doivent renaître là où c'est nécessaire, y compris en Europe, sinon les conséquences sociales pourraient être dramatiques”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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