Congrès de la FNSEA : le choix de la croissance durable

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C'est un rapport d'orientations qui pourrait bien faire parler de lui - à l'intérieur et hors de la profession agricole - que présentera la semaine prochaine la FNSEA.

Pour son congrès qui s'ouvrira mercredi à Saint Malo, la FNSEA a choisi le thème de la croissance durable. Contre tous les théoriciens de la décroissance, elle affirme d'entrée de jeu que “l'avenir de l'agriculture passe par la croissance”. D'abord parce que le monde a besoin d'une agriculture qui devra permettre, à l'horizon 2050, de nourrir neuf milliards d'êtres humains et que l'Union européenne et la France peuvent y contribuer à leur niveau. Et que la croissance, grâce aux progrès de la recherche, du développement et des innovations techniques, a permis de sortir des milliers d'individus de la pauvreté. Ainsi la FNSEA refuse-t-elle l'idée même de déclin. Et de déplorer la perte de compétitivité et des parts de marché observée depuis quelques années. Par exemple, les surfaces cultivées en légumes ont diminué de 15 % en France alors qu'elles ont progressé de 21 % en Allemagne et de 22 % aux Pays-Bas. Même analyse sur le porc : la France s'essouffle alors que l'Allemagne explose.

Harmonisation européenne

Un déclin qui, pour le syndicat, trouve sa source dans les distorsions sur le coût de la main d'oeuvre, de part et d'autre du côté du Rhin, notamment. Estimé à cinq centimes d'euro par kilo de carcasse de porc, ce recul s'expliquerait également par l'impact des mesures environnementales. L'irrigation illustre cette analyse : alors que les irrigants s'impliquent dans une gestion raisonnée, l'administration persiste dans une approche “dogmatique” ne reposant que sur la réduction des volumes prélevés et des surfaces irriguées. Les agriculteurs souffrent, en outre, d'un manque de visibilité sur leur avenir en raison de l'instabilité des prix et de l'abandon des outils de régulation des marchés. “Nous sommes ainsi dans une période paradoxale où la demande alimentaire mondiale s'accroît ce qui, en soit, devrait nous ouvrir des marchés et des perspectives de développement et, dans le même temps, parce que nous sommes confrontés à une situation d'incertitude, nous n'investissons pas l'avenir”, constate amère la fédération dans son rapport d'orientation. La réponse à ces enjeux ? Pour la FNSEA, elle est d'abord économique. Cela passe par la mise en place d'outils en matière de gestion des risques “car il n'y a pas de croissance sans stabilité ni visibilité pour les exploitations”. Mais le rapport insiste surtout sur l'organisation économique et la contractualisation. Pas question néanmoins de proposer une juxtaposition de contrats, la FNSEA prône une contractualisation collective pour faire le poids face à la grande distribution. L'interprofession doit être le lieu privilégié de l'élaboration des contrats type ou des clauses type. Ce qui suppose aussi un renforcement de l'organisation des producteurs. “L'organisation des producteurs et le regroupement de l'offre sont l'outil incontournable du pouvoir de marché des agriculteurs. C'est la condition nécessaire et indispensable de la réussite d'une démarche de contractualisation équitable pour la production agricole”.

 

Pacte environnemental

La réponse est aussi environnementale. Ici, la FNSEA innove en proposant aux décideurs politiques et à la société un pacte sur l'environnement pour essayer de contrer les attaques systématiques dont sont victimes les agriculteurs. L'idée est d'abord de faire reconnaître les progrès accomplis dans l'amélioration de leurs pratiques trop souvent ignorés. La FNSEA va plus loin en souhaitant que ces efforts soient comptabilisés, qu'il s'agisse des bandes enherbées, des haies réimplantées, des zones humides conservées pour les faire valoir auprès de la société. Elle évoque même la tenue d'un répertoire au niveau départemental sur les actions menées par les agriculteurs en matière d'environnement. “C'est en recensant que nous pourrons capitaliser sur les nombreuses actions positives réalisées par les agriculteurs. (…) Un état permanent des innovations pourrait ainsi être tenu à jour et valorisé auprès du monde associatif, politique, agronomique, médiatique.” Dans ce cadre, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer. “Leur responsabilité est de procéder, avant toute décision, à des évaluations sérieuses mesurant l'impact économique. Et si les résultats de l'évaluation l'exigent, ils doivent refuser ces mesures. Tout comme ils ne doivent pas emmener les agriculteurs dans des impasses techniques. C'est le principe de précaution appliqué à l'agriculture”, estime la FNSEA.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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