Conjoncture agricole : Picardie : le point à juin 2009

B.BOUCHOT d'après Agreste

Production céréalière mondiale en retrait par rapport à 2008

Selon le Conseil International des Céréales, la production mondiale de céréales devrait être inférieure à l'utilisation sur la campagne 2009-2010, grignotant un peu plus les stocks mondiaux. Malgré les reculs marqués des cours céréaliers, les surfaces des semis 2009 évoluent peu, mais les rendements seront probablement inférieurs aux niveaux exceptionnels de 2008. La production mondiale de céréales est projetée à 1 721 millions de tonnes (Mt), 61 Mt de moins qu'en 2008. La consommation 2009-2010 est estimée à 1 736 Mt soit une hausse de 13 Mt sur l'an dernier liée à une nouvelle progression de l'utilisation dans l'alimentation humaine et dans la production d'éthanol. Les volumes stockés devraient reculer de 15 Mt en 2009-2010 et tomber à 328 Mt. Les nouvelles prévisions mondiales pour le blé s'élèvent à 652 Mt, en réduction de 35 Mt par rapport à 2008. Les pluies ont amélioré les perspectives en Russie et en Chine. A l'inverse le temps sec a stressé les cultures dans le sud-est de l'Europe et réduit les estimations de production dans l'UE. Dans ce contexte, le prix moyen du blé tendre d'hiver rendu Rouen s'affiche en mai à 137 €/t, en augmentation de 8 € par rapport au mois précédent.

La plaine est belle mais des questions subsistent

En Picardie, les récoltes des céréales s'annoncent bonnes. Pourtant de nombreuses questions liées aux conditions météorologiques restent en suspens. Quels ont été les effets sur les plantes des à-coups de températures ? Le déficit hydrique recensé en avril a t-il perturbé le remplissage des grains ? Quelle a été l'efficience de l'azote en raison de ce manque d'eau ? En escourgeons, la pluie est finalement arrivée in extremis et a permis un bon remplissage des grains. La pression maladie est plus faible que l'année dernière et globalement la campagne 2009 reproduit le même schéma que 2008. La végétation a rattrapé son retard et se présente, fin mai, avec quelques jours d'avance. En colza, les perspectives de récoltes sont bien orientées. Néanmoins, le Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitain s'interroge sur les parcelles ayant connu des problèmes de floraison. Il propose 3 hypothèses ; un mauvais rinçage de pulvérisateur ; des dégâts de mélighètes ou une floraison perturbée par les à-coups de températures. En pois et féveroles, c'est tout bon. Les maïs peinent à démarrer.

La campagne de betteraves sucrières s'annonce prometteuse

Les semis de betteraves à sucre se sont réalisés dans d'excellentes conditions. Les levées ont été bonnes. Au bilan les populations à l'hectare suivent. La couverture du sol a été atteinte précocement début juin avec une dizaine de jours d'avance. Le potentiel de récolte s'annonce prometteur.

Les parcelles de pommes de terre sont belles

Les parcelles de pommes de terre de consommation sont en avance et présentent un bel aspect. Les plantations se sont réalisées tout au long du mois d'avril. Les levées se sont échelonnées au cours du mois de mai. Les parcelles plus avancées plantées début avril arrivent au stade « fermeture des rangs ». Peu de problèmes de maladie sont recensés. Les pluies de la première décade de juin favorisent une bonne tubérisation.

L'export de pommes de terre s'étiole

Pour la campagne 2008-2009, du 1er août 2008 au 31 mars 2009, les exportations françaises de pommes de terre de conservation se sont élevées à 1 276 200 t, contre 1 287 700 t en 2007-2008 et 1 417 100 t en 2006-2007 sur la même période. Sur le seul mois de mars, 240 000 t ont été exportées.

Le prix du porc charcutier se maintient

Sur l'ensemble des principaux marchés communautaires le prix du porc charcutier est en hausse sensible. C'est la conséquence d'une baisse des disponibilités en viande fraîche et des conditions météorologiques qui favorisent la demande en viande à griller. La plus forte hausse des cours étrangers est favorable aux exportations françaises. En moyenne le prix du porc s'affiche à 1,28 €/kg en mai.

Le prix du lait s'effondre

En avril, alors que la collecte nationale s'effrite, le prix moyen mensuel du lait tombe à moins de 230 € pour 1 000 litres, il se situait à 315 € en avril 2008 et 244 € en avril 2007. Il perd 73 € par rapport au mois dernier. Les prix moyens constatés dans les départements picards sont variables. Dans l'Aisne, le prix n'atteint pas les 220 €/1 000 litres, il se fixe à 225 € dans l'Oise et 238 € dans la Somme. En cumul de janvier à avril, les livraisons s'établissent à 3,2 millions d'hectolitres en 2009 contre 3,3 sur la même période en 2008, soit 3 % de baisse.

Source Agreste

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