Conjoncture Languedoc Roussillion décembre 2009 : Les vins sans IG et IGP progressent de 6% ; les IGP Pays d'Oc reculent

Le Service statistique du ministère de l'Agricuture, Agreste, vous présente la conjoncture de décembre 2009 pour la région Languedoc Roussillon.

Viticulture

L'activité des dernières semaines de décembre s'est maintenue à un rythme soutenu. La nécessité de réapprovisionner un stock commercial devenu faible a conduit le négoce à se porter aux achats, en particulier sur la nouvelle récolte. Le cumul des transactions fin décembre 2009 est ainsi comparable à 2007 et 2006. Les cours en revanche évoluent peu. Les vins sans IG et IGP de département progressent d'environ 6 % alors que les IGP Pays d'Oc reculent de 3 %. A noter sur ces derniers une progression des prix suite à l'arrivée sur le marché de la récolte 2009. En vins sans IG rouges et rosés, 778 000 hl ont été commercialisés soit 3,5 % de plus que l'an dernier à même période. C'est le département du Gard qui génère cette progression.

L'arrivée de la nouvelle récolte sur le marché s'opère plus rapidement que l'an dernier : fin décembre, en volumes cumulés, elle représente 59 % des affaires contre 46 % l'année dernière. Les cours actuels se traitent entre 40 et 45 €/hl sur les vins rouges et jusqu'à 48 € sur les rosés. Quelques affaires spéciales, comme les vins amyliques ou de forte couleur, se sont vendues entre 50 et 53 € /hl. Les vins sans IG avec mention de cépage, 30 000 hl ne représentent que 4 % des affaires de vins sans IG. Les cours sont peu significatifs entre 45 à 55 €/hl. Les 5 800 hl de Pinot Noir ont été vendus à 110 €/hl.

En vins à IGP rouges et rosés, 2 141 000 hl ont fait l'objet de transactions soit 35 % de progression sur la campagne précédente. Les IGP Pays d'Oc, avec 1 378 000 hl ont très fortement progressé (+ 53,8 %) et rattrapent ainsi le retard de commercialisation observé durant la campagne précédente 2008/2009. Les IGP de Département sont en avance de 14,6 % sur l'an dernier. Les cours des IGP de Département, sur la récolte nouvelle, restent fermes entre 43 et 46 €/hl sur les vins rouges et jusqu'à 50 et 55 €/hl sur les vins rosés. Les cours des IGP Pays d'Oc sont en retrait 3 % sur l'an dernier, toutes récoltes confondues. Cependant, les vins de la nouvelle récolte se négocient entre 53 et 58 €/hl alors que les vins vieux se vendaient entre 48 et 53 €/hl.

Le marché des vins sans IG blancs est très réduit compte tenu de la très faible récolte, 53 000 hl ont été enregistrés soit une baisse de 66 % sur l'an dernier. 6 000 hl de cépage essentiellement (Chardonnay) ont été vendus à 79 €/hl. En IGP blancs, 447 000 hl ont été commercialisés dont 421 000 hl en IGP Pays d'Oc. Les cours sont stables (- 1,3 %) avec des fourchettes de prix de 85 à 95 €/hl sur les chardonnay et sauvignon. En VQPRD, le marché vrac des génériques reste lourd avec une fourchette des cours de 50 à 65 €/hl. Les domaines et Châteaux atteignent 90 à 120 €/hl.

 

Légumes

Les prix des salades ont été revalorisés et la salade est sortie de la crise. Cependant les prix sont encore très bas et les professionnels sont moroses.

 

Productions animales

- Bovins : En races à viande, les ventes sont difficiles en début de mois, ensuite le marché connaît moins d'apports et les cours sont reconduits. En maigres-broutards, les cours sont facilement reconduits dans les bons mâles. Pour les nourrissons, les veaux de bonne qualité sont recherchés. Les cours sont reconduits.

- Ovins : Avec peu d'apports, les ventes d'agneaux restent faciles et les cours des agneaux sont reconduits. Le marché des brebis connaît lui aussi une reconduction des cours. Pour le marché des agnelets la vente est calme et les cours connaissent une légère baisse en fin de mois.

Prairies

- Aude :

Au début du printemps 2009, les sols sont suffisamment pourvus en eau. Par contre, à l'inverse de 2008, le froid persistant a bloqué la reprise de végétation. Les conséquences se traduisent par une moindre production de la biomasse. Dans les parcours, les animaux sont sortis aux dates normales sans pouvoir retrouver un densité d'herbe élevée. La montée des animaux en estive a quelque peu été retardée suite à la présence de neige persistante. Les rendements ont été pénalisés sur les 2èmes coupes des prairies temporaires et artificielles, tandis que les 1ères récoltes précoces du mois de mai sont correctes. Non gênés par les pluies, les éleveurs stockent des fourrages de qualité très correcte. En effet, les coupes ont pu être réalisées à bonne maturité, excepté en altitude où la tendance est généralement à surmaturité. Puis la sécheresse persistante de l'été a empêché la repousse de l'herbe. Il y a bien eu quelques orages localisés vers la mi-août mais il a fallu attendre la minovembre pour avoir de la pluie, ce qui a permis de laisser paître les animaux plus longtemps. L'affouragement a débuté de façon plus précoce dès septembre. Au final, le froid du printemps et la sécheresse estivale ont entraîné une baisse conséquente de production fourragère.

- Gard :

L'année 2009 se présente moins productive que l'année 2008 qualifiée d'exceptionnelle. En effet, le froid hivernal a persisté au début de printemps. Puis, sans transition, les températures plus chaudes ponctuelles accèlèrent l'épiai-son. Le froid printanier et les écarts thermiques importants, au moment de la reprise de végétation, sont les facteurs limitants de la production fourragère de ce printemps 2009. Globalement, par rapport à 2008, jusqu'à fin juin, les rendements descendent légèrement en dessous des normales excepté les parcours où la baisse est plus importante.

La moyenne départementale cache toutefois des disparités entre la plaine et les cantons en altitude, ces derniers davantage pénalisés par le froid. Concernant la qualité du fourrage, tout le monde retrouve une qualité bien meilleure que 2008 et le plus souvent de valeur nutritive très correcte. Dans les prairies les plus productives, les 1ères coupes réalisées courant mai (ensilage, enrubannage) dégagent des rendements corrects. La qualité du fourrage récolté en 1ère coupe est généralement de bien meilleure qualité que l'année dernière et très satisfaisant ; mais à l'issue des premières coupes printanières, la végétation a beaucoup de mal à reprendre, faute de pluie suffisante depuis le mois de mai. Le regain est bien maigre, ne permettant pas, dans la majorité des cas une deuxième coupe de fourrage encore moins une 3ème (dans les cas d'ensilages précoces en plaine). Faute de pluie, le déssèchement des pâtures apparaît très vite. La rotation des animaux dans les parcours s'accélèrent lorsque les surfaces sont suffisantes. Dans les secteurs de tramontane, le vent est séchant et faute de pluie, des élevages commencent à être nourris en fourrages en sec très tôt au cours de l'été. Certains doivent acheter du foin.

- Hérault :

A l'image de ses départements limitrophes, l'Hérault voit sa production moyenne fourragère de ce printemps en baisse pour se situer à moins 20% par rapport aux normales. En 2008, l'excès de pluie au printemps était pénalisant alors qu'en 2009 ce sont les températures basses puis l'absence de pluie en mai-juin qui réduisent le potentiel de production. La moyenne départementale cache des hétérogénéités entre les secteurs géographiques, la topographie (meilleurs résultats sur les bas fonds) et les différents types de prairies. Les prairies naturelles sont moins pénalisées tandis que les parcours enregistrent la plus forte régression par rapport aux normales. Les prairies temporaires et artificielles se rapprochent de moins 20% de la production par rapport à la normale. Toutefois, des producteurs (plaine et garrigues) s'en sortent mieux qu'en 2008 puisqu'ils ont pu récolter dans de meilleures conditions (pas de fourrages mouillés comme en 2008). En conséquence, à l'issue des coupes de printemps s'échelonnant entre début mai et fin juin, suivant les travaux de coupe, la qualité des fourrages récoltés donnent de bien meilleurs résultats qualitatifs que l'année dernière. Dans les parcours, la disponibilité de l'herbe sur pied est également inférieure à 2008 à cause du froid persistant au printemps. L'herbe pâturée a également du mal à repousser derrière le passage des animaux, faute de pluie d'été. La pluviométrie a été déficitaire sur l'ensemble du département sur la période mai/juin. L'été très chaud avec un mois d'août caniculaire a encore aggravé la situation. Il n'y a pas eu d'orages fin août alors que c'est habituel à cette période de l'année. Il a fallu attendre octobre pour avoir des pluies significatives. En conséquence il n'y a eu aucune coupe d'été-automne.

- Lozère :

Les pluies nombreuses de l'hiver et au début du printemps laissaient espérer des rendements printaniers records. Or, la persistance du froid a freiné la reprise et le développement de la végétation ; le froid a été particulièrement pénalisant en altitude et sur les bas fonds. Puis, l'arrivée brutale de températures chaudes a accéléré l'épiaison au détriment de la masse foliaire. En conséquence, les volumes récoltés et/ou pâturés sont en baisse mais ils restent satisfaisants et proches des rendements normaux. Par contre, à la différence de 2008, les éleveurs gagnent en qualité des fourrages récoltés puisque l'absence de pluie au moment des différents travaux de récolte (ensilage, enrubannage, fenaison) garantit un fourrage coupé à un stade de maturation optimale (surtout pour les 1ères coupes précoces d'ensilage) et avec un bon taux d'humidité. Ainsi, les récoltes sont réalisées à des dates « normales » et rapprochées. Mais à l'issue des premières coupes, les conditions climatiques sont devenues séchantes. Seules quelques prairies ensilées ou enrubannées tôt bénéficient d'une deuxième coupe estivale avec un rendement correct et de valeur nutritive satisfaisante mais inférieure à la 1ère coupe. Ailleurs, le peu de regain, le plus souvent insignifiant, est pâturé. À partir de fin juin une grande partie de la Lozère accuse un déficit hydrique. La situation s'est dégradée en juillet pour rester mauvaise en août. La quasi-totalité de la pluviométrie est due aux orages d'où un répartition très inégale. La moitié sud est la plus impactée. Les Cévennes restent la partie la plus touchée de cette moitié sud.

Et, fait tout à fait inédit pour la Lozère, la dynamique de végétation s'est à nouveau dégradée au mois de septembre 2009. De nombreux agriculteurs ont commencé à nourrir les animaux à l'extérieur, dès la fin juillet, alors que l'alimentation à cette période de l'année est normalement assurée par le pâturage. Les stocks d'hiver ont été entamés et il faut noter également la faiblesse des stocks de report en lien avec la longueur de l'hiver.

- Pyrénées-Orientales :

À la différence des autres départements de la région, les Pyrénées-Orientales s'en sortent mieux qu'en 2008 grâce à la production de printemps. Après plusieurs années consécutives de sécheresse, le département a retrouvé des réserves hydriques satisfaisantes. Grâce à l'enneigement important de l'hiver 2008-2009, les cours d'eau et les canaux d'irrigation bénéficient d'une ressource abondante. Les pluies de fin du printemps ont permis une bonne pousse d'herbe pour les surfaces fourragères et pastorales, même si le potentiel de production a quelque peu été pénalisé par le froid (surtout en altitude). Début juillet, la fréquence des pluies compliquent les chantiers de fenaison et pénalise la qualité. Enfin, en 2009, sans trop de difficulté, les éleveurs peuvent reconstituer leurs stocks avec du fourrage de qualité. Mais comme dans tous les autres départements du Languedoc-Roussillon, la sécheresse a ensuite empêché la repousse de l'herbe. Certaines petites régions agricoles sont proches d'une année normale alors que les zones de piémont accusent un léger déficit (dépassant 4 %).

Source Agreste

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