Conseils de la CA de la Mayenne : MISE À L'HERBE

Hélène GERMON

Le premier passage des animaux a pour objectif de nettoyer l'ensemble des parcelles avant d'entrer dans la pleine période de pousse de l'herbe. Il permet également une transition alimentaire progressive. Les conditions de portance favorable doivent vous amener à envisager la mise à l'herbe.

SORTIR TOT

Du déprimage des parcelles en sortie d'hiver dépend la réussite de la saison de pâturage. L'hiver doux que nous connaissons est favorable à la pousse de l'herbe, il est donc temps de sortir les animaux.
La date de démarrage du pâturage se raisonne selon plusieurs facteurs : les conditions pédo-climatiques qui vont conditionner la portance des sols et donc l'accessibilité des animaux aux parcelles et la surface disponible par vache pour la pâture. Cette mise à l'herbe doit être d'autant plus précoce que la surface en ares/vache laitière est importante. Les parcelles portantes présentant de l'herbe sur pied et les dérobées qui seront cassées au printemps sont à privilégier.

SORTIR AU TALON DE LA BOTTE

Un pâturage ras favorise le tallage des graminées en leur donnant accès à la lumière, facteur indispensable avec la température au mécanisme du tallage. Au stade de 3 feuilles, une talle de RGA est adulte et elle se ramifie à partir des bourgeons auxiliaires situés à la base de chaque feuille. La ramification des talles existantes permet de densifier la prairie et de limiter l'apparition d'espèces indésirables. Elle permet d'avoir une herbe plus feuillue et plus riche.
Il est important de ne pas sortir les vaches avec une hauteur d'herbe trop importante car la différence de hauteur de pâturage va continuer à s'accentuer dans la saison et occasionner une moins bonne valorisation avec des refus importants.

Le 1er passage permet également de créer un décalage de stades entre les parcelles : des parcelles en phase de démarrage après le passage des animaux, des parcelles en croissance active et des parcelles où la croissance s'infléchit qui nécessite le retour des animaux. Après le déprimage, l'optimale est d'attendre 3 semaines dans les prairies de graminées pures et 1 mois dans les prairies d'association graminées-légumineuses avant le retour des animaux.

PREMIER APPORT D'AZOTE

30 à 40 unités/ha peuvent être apportées sous forme minérale ou organique sur prairies rases après le nettoyage par les animaux. Sur des parcelles qui ont été fréquentées tard dans l'hiver où la pousse redémarre doucement, l'azote peut être apporté avant le passage des animaux. Les apports suivants seront à raisonner en fonction de la pousse au printemps, de la proportion de légumineuses et de l'objectif de valorisation des prairies. On peut se fixer comme repère 30 unités/ha pour une exploitation pâture en RGA pur ou avec peu de légumineuses. Avec une bonne proportion de trèfle (30-50% en été), ce dernier jouera son rôle de moteur azoté en deuxième partie du printemps et pourra justifier l'arrêt des apports.

TRANSITION ET MAGNESIUM

A la mise à l'herbe, le principal objectif de la transition est l'adaptation des micro-organismes du rumen qui passent d'une ration hivernale à base de fourrages conservés à une ration à faible taux de matière sèche, riche en azote et sucres solubles rapidement digérée. Ainsi la flore microbienne à dominante amylolytique l'hiver (bactéries dégradant l'amidon) va passer à dominante cellulolytique (bactéries dégradant la cellulose). Cette modification nécessite donc une transition alimentaire qui peut s'échelonner sur trois semaines durant lesquelles la part de pâture sera augmentée. Dans le cas d'un régime mixte associant herbe et maïs, la correction azotée se fera sur la base de 150 g d'azote par kg de matière sèche ingérée, soit 1,2 kg pour 8 kg de maïs. En dessous de 5 kg de maïs, toute complémentation azotée pourra être stoppée.

Lorsque l'herbe est jeune, elle est riche en azote soluble et potassium ; pauvre en cellulose et sodium entraînant un blocage de l'assimilation du magnésium. Cette carence peut provoquer des tétanies d'herbage. Cette maladie peut entraîner de fortes chutes, voire un arrêt de la production laitière et même dans certains cas conduire à la mort de l'animal. Prévoir l'apport de magnésie calcinée sur la base de 50 g par jour pendant 15 j à 3 semaines après la mise à l'herbe (en fonction du vent et de l'humidité) pour pallier cette carence ponctuelle de magnésium.

N'oubliez pas le sel ! Même au pâturage, il doit être mis à disposition des animaux. Une pierre de sel +oligo peut trouver sa place s'il n'y a pas d'apport de CMV.
Enfin, éviter les pierres à proximité des points d'eau, la vache pourra perdre son réflexe de régulation, alternant ainsi léchage de sel et abreuvement.

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