Consommation : Les ménages cantaliens ne vont plus voir ailleurs

Patricia Olivieri

Consommation : Les ménages cantaliens ne vont plus voir ailleurs

La CCI a présenté la semaine dernière à ses ressortissants les conclusions d'une étude sur les flux de consommation laissant apparaître de nouveaux comportements.

Selon la rumeur, la ménagère de moins de 50 ans, cible des stratégies marketing, serait tentée d'aller faire soldes, courses et shopping dans les villes préfectures des départements voisins, plus attractives et attrayantes que celles du Cantal. L'étude présentée jeudi dernier aux ressortissants de la CCI du Cantal est venue infirmer cette croyance en démontrant la relative performance du tissu commercial cantalien en place. Devant un public relativement limité malgré l'intérêt de l'analyse, Bernard Bouniol, président, et Jean-François Roche, à la tête de la commission commerce de la chambre consulaire, ont commenté les principaux enseignements de cette enquête téléphonique réalisée en mars 2007 sur l'ensemble du territoire auvergnat.

Le non-alimentaire moins consommé

“L'objectif de cette nouvelle étude est de connaître les flux commerciaux dans nos bassins d'activité et les comportements des consommateurs, a exposé Bernard Bouniol. Qui achète quoi, où et pour combien ? C'est à ces quatre questions qu'il s'agit d'apporter une réponse”. Premier constat, les ménages cantaliens (résidents dans le département) consomment en valeur 8 % de moins que la moyenne nationale. Et c'est exclusivement sur les produits non-alimentaires que s'établit ce différentiel, puisque la dépense alimentaire cantalienne est strictement équivalente aux chiffres nationaux. L'analyse de ces dépenses démontre la prépondérance du secteur alimentaire (44 %), devant les dépenses consacrées à l'équipement de la maison (17 %), à la culture et aux loisirs (15 %), à l'équipement de la personne (13 %), enfin à l'hygiène, la santé et la beauté (11 %). Elle révèle en outre la tendance de fond observée partout en France, à savoir un transfert des achats de consommation courante des commerces traditionnels (deux points perdus par rapport à 2004) vers la grande distribution (+ 2 points). Les commerces de moins de 300 m2 (traditionnels) génèrent 30 % des achats, contre 36 % dans les hyper ou supermarchés, 21 % dans les grandes surfaces spécialisées et moins de 10 % pour le pool “hard discount, vente à distance ou commerces non sédentaires”.

Un retour vers les bourgs-centres

La question de la répartition de ces achats fait clairement apparaître le poids du bassin aurillacois : sur 931 millions d'euros de dépenses cantaliennes, 480 le sont sur le bassin d'Aurillac. Le poids de l'agglomération aurillacoise (369 millions d'euros en 2007) est encore plus fort face aux 102 millions de celle de Saint-Flour, aux 52 millions de Mauriac ou aux onze millions de Murat. Cette hégémonie masque cependant un phénomène nouveau, décrit par le directeur du Géant Casino d'Aurillac, Christian Millette, celui d'une “relocalisation” des achats sur les bourgs-centres. La progression de près de 30 % dans des agglomérations plus rurales laisse d'ailleurs rêveur Christian Millette, qui juge cette évolution plutôt pérenne. “Ce que j'en retiens, c'est que notre équipement commercial est de grande qualité, et couvre quasiment tous les besoins des consommateurs”, a conclu Bernard Bouniol. Une vision confortée par les données de l'étude relatives à l'évasion commerciale : qu'il s'agisse en effet du pôle d'Aurillac (voir encadré) ou du Nord-Est du département, les commerces du Cantal conservent une capacité de rétention relativement forte, hormis pour certains équipements, comme ceux à la personne. Un bilan globalement rassurant, qui n'a pas pourtant pas occulté un mois de février catastrophique aux dires de plusieurs commerçants présents jeudi dernier.

Source journal L'Union du Cantal »

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