Contraintes environnementales, acte de production, compétitivité et marchés: il ne faut pas être « frileux ».

Delphine Barel

Les responsables agricoles du département ont rappelé au ministre les fondamentaux de l’agriculture.

Les présidents de la chambre d’agriculture, de la FNSEA 44 et de Jeunes Agriculteurs 44 ont été reçus par le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, lors de sa venue vendredi dernier sur le département. Contraintes environnementales, acte de production, compétitivité et marchés, il ne faut pas être « frileux ».

«2012, l’année où il faut avoir les car­tes en main… », tel fut le message passé par les présidents de la chambre d’agriculture, de la FNSEA 44 et de Jeunes Agriculteurs 44 au ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, lors de leur rencontre vendredi dernier au Château de la Frémoire à Vertou.
En remettant symboliquement deux cartes de jeu au ministre, Alain Bernier, président de la FNSEA 44, a clairement ex­primé le mécontentement et le ras-le-bol des agriculteurs. « Au niveau de la profession, malheureusement on ressent que vous n’avez plus les cartes de l’agriculture en main… Toutes les décisions sont prises au ministère de l’Environnement. » Et ce cri des campagnes sur les contraintes environnementales est général dans toutes les régions de France.
« Les Français doivent comprendre que les agriculteurs sont soucieux de l’environnement, mais à force de vouloir faire plus blanc que blanc avec des me­sures franco-françaises, nous risquons de tuer l’agriculture française. Nous ne sommes pas les plus mauvais de l’Europe, que va devenir notre agriculture si nous continuons comme ça ? », insistent unanimement les responsables professionnels. Bruno Le Maire partage et consent « on est allé au-delà du raisonnable, il faut arrêter systématiquement d’en rajouter, mais il faut gagner la bataille idéologique auprès de nos concitoyens ». Malgré ce soutien, le message gouvernemental en­vers la société n’est pas aussi clair. « Jamais notre gouvernement ne s’exprime dans ce sens » déplore François Guyot, président de JA 44, « il faut arrêter d’être frileux et ne pas céder à l’intimidation ».

Acte de production

Cette bataille idéologique est sur plusieurs fronts. La filière agro-alimentaire est la seule filière économique excédentaire en France. Pour le ministre, « l’agriculture est un pilier économique, qui doit s’appuyer sur des filières économiquement fortes et organisées ».
Ainsi, pour les représentants professionnels, il ne faut pas avoir honte d’affirmer que collectivement il faut défendre une agriculture de production. « Nous avons tendance à croire qu’avec la nouvelle PAC et son verdissement, et qu’à travers la mise en place d’une agriculture soit disant plus citoyenne, les fondamentaux sont oubliés : il faut produire pour nourrir la planète », souligne Jacques Lemaitre, président de la chambre d’agriculture.  
Dans ce sens, le débat sur les farines animales soulevé par les éleveurs est tout aussi sociétal. « La volonté du ministère de ne pas vouloir réintroduire ces farines saines est anti économique. Une explication claire permettrait de faire comprendre leurs intérêts pour l’alimentation animale », explique Alain Bernier, qui a bien précisé qu’en France, des poulets importés de chez nos voisins belges, allemands et espagnols sont nourris avec des aliments contenant des farines animales.
Sur le dossier PAC, le ministre suit la position de la FNSEA sur le verdissement « il n’est pas concevable que 30 % d’aides vertes conditionnent  le versement de l’aide de base. De plus, il est hors de question de cumuler 3 critères aussi complexes »

Double peine

Dans un département comme la Loire-Atlantique où tous les ans, 2 500 hectares de terres quittent l’agriculture, le monde agricole a le sentiment d’être démuni de ses moyens de productions.  
De plus, il y a un manque de logique notamment sur les zones humides. « Quelle agriculture proposons-nous sur ces zones qui couvrent 35 à 40 % du territoire ? Que va-t-il rester à la profession pour produire ? », s’inquiètent les présidents. « Lorsque des PLU et Scot se mettent en place sur le territoire, il faut réfléchir également à toutes les mesures de compensations. Car dès lors qu’une mare ou un boisement est détruit, il faut compenser cet élément deux fois. C’est la double peine ! »
La question des compensations environnementales va être une vraie question dans les jours et mois à venir. « Nous attendons une affirmation forte de votre part sur la préservation du foncier », insistent Jacques Lemaitre, Alain Bernier et François Guyot. Vous avez les cartes en main Monsieur le Ministre… Sachez mettre en avant les atouts de notre agriculture.

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier