Contrats Lactalis : attendre fin avril

Didier Bouville

Les producteurs de l’Aveyron et de la Lozère livrant à Lactalis, organisés au sein du CODIL, se sont réunis mercredi 21 mars à Rodez pour faire le point sur les contrats laitiers. Le commentaire de Michel Costes, président du CODIL.

- Comment s’est déroulée cette matinée ?

«Elle s’est tenue avec Christophe Malgouyres, l’un de nos dix représentants de groupements Lactalis présents lundi 19 mars à Laval, siège de l’entreprise. C’est Serge Moly qui représentait l’entreprise Lactalis à notre réunion de Rodez. L’objectif était en effet de faire le point sur cette dernière rencontre entre les producteurs et l’entreprise à la préfecture de Laval avec le médiateur Francis Amand.

- Quelle est la situation aujourd’hui ?

La rencontre du 19 mars avait pour but de retrouver le chemin de la négociation, rompu depuis la dernière réunion du 16 janvier et la version 2 du contrat Lactalis accompagnée par l’ultimatum du 31 mars comme date butoir pour les signatures des producteurs. Aujourd’hui, la situation a évolué favorablement puisque cette date butoir a été repoussée au 30 avril 2012. Comme nous l’a rapporté Christophe Malgouyres, les producteurs et Lactalis se sont mis d’accord sur un calendrier de travail de 4 réunions s’échelonnant jusqu’à la mi-avril. Les premières auront lieu vendredi et mardi prochains chez le médiateur, au ministère de l’Agriculture. J’appelle les producteurs à ne pas signer les contrats en attendant la suite des négociations.

- Quelles seront les axes de travail ?

Deux axes sont envisagés. La rédaction d’une convention-cadre de fonctionnement entre l’entreprise et les organisations de producteurs sera finalisée. Cette convention a pour objectif de fixer le cadre des relations entre les OP et l’entreprise, et surtout à rediscuter de certaines clauses du contrat de vente des adhérents. Le second volet portera donc sur les négociations relatives à ces clauses du contrat à finaliser avant le 20 avril.

- Les producteurs avaient mis en avant 15 saisines de la version 2 auprès du médiateur, lequel les avait jugé contraires à l’équilibre du contrat. Lactalis vous semble-t-elle aujourd’hui plus à l’écoute des producteurs ?

Je dirais que Lactalis semble avoir enfin pris conscience de l’importance de mieux considérer la sensibilité des producteurs ! Je pense que ce contrat aurait pu être partagé sans turbulence mais Lactalis avait choisi une façon de pratiquer sans doute plus tactique, animée par la volonté de faire signer un maximum de producteurs avant la publication du décret OP. Et ce, pour peser sur le rapport de force entre producteurs et entreprises, voire entre les producteurs eux-mêmes.

- Le futur décret OP attendu pour la mi-avril va-t-il changer le fonctionnement du CODIL ?

Sur la forme oui. Le CODIL rassemble actuellement 700 producteurs en Aveyron et en Lozère, dont 620 dans notre département. Ce chiffre va peu évoluer. Nous resterons attachés à l’entreprise à laquelle nous livrons, au site de Rodez- Onet le Château. Mais nous souhaitons aussi une organisation par bassin laitier et entreprise.

- Quel est concrètement l’objectif des contrats laitiers ?

Le contrat laitier initié par la LMA a pour finalité de préparer l’après quota prévu le 31 mars 2015. L’objectif est de préparer le nouvel encadrement de la production laitière. Pour notre région, il a aussi vocation à fixer la production sur tout un territoire, basé sur des relations équitables entre producteurs et entreprise. C’est ce combat-là que nous menons aussi !».

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