Contrôles AOP cantal : le maillon production sur la bonne voie

Patricia Olivieri

la veille de l'ouverture du Salon de l'agriculture, l'interprofession cantal dévoile les résultats du millier de contrôles réalisés en 2010 chez les producteurs.

C'est un plan de contrôles sans précédent qu'a lancé voilà un an le Comité interprofessionnel des fromages (Cif) avec un double objectif : donner aux consommateurs de cantal tous les gages de qualité attendus d'une appellation d'origine protégée, et, en l'occurrence pour cette AOP, la garantie d'une alimentation des troupeaux faisant la part belle à l'herbe. Second enjeu : s'assurer que l'ensemble des opérateurs, qu'ils soient producteurs, transformateurs ou affineurs, joue le jeu du produit en respectant les critères d'un cahier des charges officialisé par décret en 2007. Ainsi, d'ici fin 2011, les 2 200 producteurs (représentant 336 millions de litres) qui ont fait le choix de s'engager en 2009 dans la démarche AOP cantal - en s'identifiant auprès du Cif - seront contrôlés, sachant qu'à cette heure, près de la moitié (1 025) l'ont déjà été. Une procédure exigée par Bruxelles pour l'ensemble des signes de qualité liés à l'origine et que chaque ODG (organisme de défense et gestion, le Cif pour le Cantal) a adapté à ses propres enjeux et contraintes.

Accompagner plutôt que fliquer

“Le taux de contrôles qui a été arrêté par le Cif est bien supérieur à celui imposé réglementairement, mais notre objectif depuis 2007 est d'accompagner les producteurs vers le respect du cahier des charges plutôt qu'une démarche de “flicage”, insiste Céline Gutierrez, coordinatrice des suivis des plans d'inspection, sanitaire et organoleptique au Cif. Avant de rappeler qu'en amont, plus de 2 500 exploitations ont été auditées entre 2007 et 2009 afin de les aider à se positionner par rapport aux exigences de l'appellation. Un état d'esprit également à l'oeuvre dans la conduite même du contrôle qui débute par un échange entre le contrôleur et le producteur permettant à l'auditeur de mieux appréhender le système de l'exploitation. Au terme de cette première vague de contrôles, l'interprofession a tenu à en officialiser les résultats afin, entre autres, de faire taire un certain nombre de rumeurs sur le terrain. Sans surprise - l'identification des opérateurs n'ayant pas été conditionnée au respect initial des engagements - 8 % des contrôles se sont traduits par la démission de producteurs, ces derniers étant majoritairement conscients de l'incompatibilité de leur système avec l'AOP cantal. Par ailleurs, un manquement grave a été constaté dans 15 % des cas, ces dossiers faisant ensuite l'objet d'un nouveau contrôle, externe cette fois. À l'inverse, 21 % des 1 025 producteurs déjà contrôlés sont en parfaite conformité sur l'ensemble des critères (32 au total) et 12 % ne présentent que des manquements dits mineurs. Au total, se félicite le Cif, un tiers des producteurs sont à peu de chose près dans les clous du décret. Un ratio jugé tout à fait honorable pour une appellation qui vient de faire sa révolution.

Un plan de progrès

À ce tiers, devrait s'ajouter une bonne part des 44 % de producteurs contrôlés chez qui un manquement majeur a été signalé, sachant que dans un cas sur deux, des oublis documentaires (analyses de fourrage, contrôle machine à traire...) - et non des écarts de pratiques - sont en cause. Ces producteurs se sont vus proposer un plan de progrès qu'ils ont entre trois et neuf mois pour mettre en oeuvre. Conclusion : près de 70 % des producteurs vus en 2010 “respectent le décret ou sont en voie de le faire”, souligne le Cif. En aparté, l'ODG se dit lucide sur la situation d'un nombre très restreint de cas pour lesquels les enregistrements montrés ne semblent pas en adéquation avec la pratique de l'exploitation. Dernier constat que relève l'interprofession : les résultats effectifs des plans d'accompagnement appliqués par les producteurs en lien avec le technicien de leur entreprise, du Contrôle laitier ou de la Chambre d'agriculture. En effet, dans plus de 60 % des secondes visites réalisées par le contrôleur en cas de manquement mineur ou majeur initial, une amélioration est constatée. Un autre bon point à mettre au crédit d'une filière qui, comme les bons fromages, s'affine avec le temps.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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