Coop de France : un « vent glacial » souffle sur les négociations commerciales

Lise Monteillet

Coop de France : un « vent glacial » souffle sur les négociations commerciales
Michel Prugue, président de Coop de France.

Selon l’organisation représentative du monde coopératif agricole, les négociations se terminent sur des demandes de baisse des prix qui ne sont pas justifiées, malgré la signature d’une charte censée améliorer les relations commerciales.

« Nous sommes quasiment à la fin février. L’esprit des États généraux devait souffler sur les négociations commerciales, mais vous avez vu le vent glacial ? » lance Michel Prugue, le président de Coop de France, lors du salon de l’agriculture. Les négociations commerciales annuelles sont sur le point de s’achever en laissant un goût amer à l’organisation représentative des coopératives agricoles.

Coop de France avait déjà tiré la sonnette d’alarme mi-décembre, alors que les négociations commençaient à peine. Malgré la signature d’une charte appelant tous les acteurs à réaliser « des achats éthiques et responsables », les coopératives estimaient que les comportements n’avaient pas évolué. Entre temps,  les ministres de l’Agriculture et de l’Économie avaient réuni les transformateurs et les distributeurs pour rappeler fermement les « bonnes pratiques ».

« Demande de baisse majoritaire »

À en croire Coop de France, cela n’a pas suffi à apaiser les négociations. « Rien n’a changé. Nos adhérents nous expliquent, que dans un certain nombre de cas, cela s’est aggravé. (…) C’est une demande de baisse majoritaire qui a été faite auprès de nos entreprises », résume Michel Prugue. Ces dernières semaines, il observe même que « tout le monde s’est recroquevillé et en particulier nos clients ».

«  Il y a une volonté des fournisseurs de résister. Mais quand vous arrivez vers la fin, au dernier moment, il y a des acteurs qui cèdent sur les prix, en contrepartie ils récupèrent des volumes (…) C’est dévastateur pour nos entreprises », ajoute-t-il. Coop de France constate par ailleurs « une explosion des promotions » ainsi qu’un durcissement des négociations sur l’aspect logistique.

Un projet de loi et des interrogations

Pour Coop de France, il est donc nécessaire de poser un « cadre législatif qui contraint à minima les acteurs à respecter des règles », explique Michel Prugue. Telle est d’ailleurs l’ambition du projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable ».

Dans ce texte législatif, Coop de France souhaite néanmoins « préserver la relation spécifique » qui lie un agriculteur à sa coopérative. « La coopérative, c’est le prolongement de l’exploitation agricole, ce n’est pas son client », rappelle Michel Prugue.

« L’enfer est pavé de bonnes intentions », poursuit Pascal Viné, délégué général de Coop de France. Ce dernier estime ainsi que l’idée de la contractualisation inversée, qui prend en compte les coûts de production, est « pleine de bons sentiments » mais qu’elle peut se révéler « complexe à mettre en place ». « Un travail d’approfondissement technique doit être fait sur le projet de loi », demande-t-il. 

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Commentaires 1

PàgraT

Cela fait belle lurette que la coopérative n'est plus le prolongement de l'exploitation agricole, comme la banque mutuelle agricole, comme l'assurance mutuelle agricole; à chaque fois c'est la technocratie qui a pris le pouvoir!

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