Coopérative La Pastourelle : Des aménagements conformes aux ambitions

Alexandre CAYRAC

Coopérative La Pastourelle : Des aménagements conformes aux ambitions

La coopérative La Pastourelle, les Fromageries Occitanes et le groupe laitier 3A ont officiellement inauguré l'agrandissement de leur laiterie de Montlaur (Sud-Aveyron). Une modernisation qui est en phase avec le fort développement de leur activité.

La Pastourelle, unique coopérative du rayon de Roquefort, a investi voilà bientôt 4 ans, 1,4 million d'euros dans l'agrandissement et l'aménagement de son site de production de Montlaur. La coopérative et la société Les Fromageries Occitanes, qui gère la partie transformation, se sont en effet vite retrouvées à l'étroit dans les locaux construits en 1984. «La laiterie a vu le jour à une période où la coopérative produisait 300 tonnes de Roquefort par an et avait les 600 tonnes comme objectif» explique Pierre Bosc, le vice-président de la Pastourelle. Mais dès 1989, le site sature. La production augmente chaque année et atteint les 1 000 tonnes en 1993, sans recourir à l'automatisation. La Pastourelle, qui a de l'ambition, projette pourtant de continuer sa marche en avant pour atteindre les 2 000 tonnes en l'an 2000. Le défi est relevé, mais nécessite le montage de quelques bâtiments provisoires «pour passer le cap». Devant la poussée de l'activité et avec l'appui du groupe laitier 3A auquel s'est alliée la Pastourelle en 2005, «on a véritablement poussé les murs de ce site industriel» explique Pierre Bosc. Grâce aux nouveaux aménagements, ce ne sont pas moins de 2 500 tonnes de Roquefort qui sont fabriquées chaque année à Montlaur, soit 11 millions de litres de lait transformés en «roi des fromages». En s'associant au groupe 3A, la Pastourelle est d'ailleurs devenue le deuxième intervenant de la filière avec 12 % de parts de marché, derrière la Société des Caves.

80 salariés, 150 producteurs

Si ces aménagements ne sont donc pas une fin en soi, ils sont «un message d'espoir [...] adressé aux producteurs [...] et dont tout un territoire sera bénéficiaire» selon Jean-Claude Luche. L'entreprise emploie en effet 80 salariés. La coopérative compte, elle, 50 points de collecte, soit 150 producteurs. «Ces aménagements sont aussi notre engagement dans le maintien de la vie dans le milieu rural, le maintien des agricuteurs mais aussi des salariés et de leurs familles» a souhaité souligner Jean-Louis Lousteau, le président de 3A.

Une période difficile

Mais malgré l'optimisme qu'affiche La Pastourelle, les coopérateurs sont inquiets. «Aujourd'hui la gestion des excédents de production montre ses limites, les règles de production et de répartition de la richesse dans l'interprofession de Roquefort doivent changer sinon l'or blanc va se faire de plus en plus rare» prévient Pierre Bosc. Le vice-président de la Pastourelle en appelle «à une réforme urgente du système interprofessionnel, car la machine à perdre est en route». L'ancien président de Jeune Montagne, André Valadier, partage ces inquiétudes «même si le marché des produits de qualité est porteur d'avenir, il faut que ceux qui tiennent les manettes prennent conscience que quand un camion de collecte s'arrête de tourner dans une ferme, c'est pour toujours». Une manière pour le coopérateur de la première heure de rappeler que la performance des outils industriels ne doit pas éluder la question de la santé des producteurs, premier maillon de la chaîne.

Source La Volonté Paysanne

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