Coopérative Ovitest : Un nouveau palier pour la Lacaune

Didier BOUVILLE

La coopérative Ovitest a dressé un bilan d'activité de l'année écoulée positif lors de son assemblée générale qui s'est tenue à St-Affrique mardi 15 mars. 2011 est l'année de la mise en place de la sélection génomique en schéma lait et d'un gène d'hyperprolificité en schéma viande.

L'activité inséminations artificielles 2009-2010 est en hausse de 1,2% comparée à l'exercice précédent, en dépit d'un «contexte économique tendu» a souligné Joël Agulhon, le président de la coopérative qui réunit 2206 adhérents(1). Avec un effectif de 334146 femelles inséminées, «Ovitest est la première structure d'insémination ovine de France» affichant «le meilleur pourcentage de réussite observé sur toutes les catégories de brebis depuis la création de la coopérative». L'activité échographies enregistre un nouveau bond de 3,16%, avec 328000 constats de gestation. Ovitest a poursuivi en 2010 pour ses deux schémas de sélection lait et viande, le programme «tremblante» avec une certification qui concerne désormais plus de 80% des élevages en sélection. «La gestion de la résistance à la tremblante atteint un palier de non retour qui place la race Lacaune en tête de la lutte contre cette maladie» note le président.

Génomique

En schéma lait, Ovitest franchira cette année une nouvelle étape, «une révolution», avec la mise en oeuvre de la sélection génomique qui mettra fin progressivement à des années de testage sur descendances.L'objectif vise à placer encore plus haut les notions de qualité, de quantité et de vitesse de traite. Pour cet exercice, il faut noter l'augmentation des performances des élevages de base de la sélection avec 296 litres de lait en moyenne par brebis. «L'autonomie alimentaire reste un facteur primordial» souligne encore Ovitest, «en particulier dans le contexte actuel de l'augmentation des charges».
En schéma viande, le président a rappelé que «la prise en compte des caractères bouchers de la Lacaune est une réalité et conforte aussi la double finalité de notre schéma qui est une nécessité pour assurer un revenu à l'éleveur». Là aussi, le schéma viande prend une nouvelle dynamique avec la mise en place d'une sélection massale du gène d'hyperprolificité appelé Lac3 (Lac pour Lacau-ne).«C'est une première nationale» indiqueBéatrice Giral-Viala, directrice d'Ovitest, grâce au travail mené par l'INRA après de nombreuses années de recherche fondamentale. L'objectif est d'obtenir deux agneaux par mise bas.Le typage sera progressif sur les agnelles de la base de sélection avec le marqueur Lac3. Si la coopérative Ovitest est fière de «son efficacité génétique qui porte ses fruits» observe le président, il n'en demeure pas moins que cette dynamique incontestable vise d'abord à développer le potentiel économique des élevages du rayon de Roquefort.

«La génétique n'est pas assez valorisée»

«Mais il y a comme un décalage entre nous et la filière» n'hésite pas à préciser Joël Agulhon. «Car la génétique doit être accompagnée par une meilleure valorisation du travail des éleveurs qui passe par une valorisation du lait de brebis à sa juste mesure. Il est temps de dire que la génétique n'est pas assez valorisée par la transformation laitière» lâche le président d'Ovitest. Et d'ajouter : «les éleveurs font des efforts sur l'étalement de la production comme le demandent les industriels de la filière, mais que font-ils de leur côté ? Nous on tire devant, mais ça ne suit pas derrière. Nous progressons de notre côté.Et la filière, que fait elle ?». Pour le président d'Ovitest, les transformateurs doivent inventer de nouveaux produits : «Depuis 25 ans, la filière roquefort stagne, elle est sclérosée.Il y a le roquefort, le pérail, et les autres pistes de valorisation. Le consommateur veut du naturel, de l'authentique, et du nouveau.Nous avons les deux premiers critères, c'est aux transformateurs de trouver la nouveauté. Les éleveurs ont parfois le sentiment que la génétique est mieux valorisée à l'étranger que chez nous !» dénonce encore Joël Agulhon. Ovitest reste convaincu que «l'amélioration génétique est un moyen technique mis à disposition de l'ensemble des éleveurs, pour optimiser la rentabilité de leurs ateliers ovins».

Source La Volonté Paysanne

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires