Coopérative : Terrena veut allier l'écologique et l'intensif

La coopérative agricole Terrena (25.000 agriculteurs adhérents) mise sur «l'écologiquement intensif» pour assurer son avenir, avec pour objectif une production agricole de masse plus économe en engrais, pesticides ou énergie.

Le groupe organise jeudi et vendredi sur 14 hectares près d'Angers un salon agricole de plein air, les «Terrenales», avec près de 7.000 agriculteurs attendus. Une éolienne (35 kW/h) surplombe les installations, à l'opposé d'un très large «semoir à maïs avec pulvérisateur sur le rang, qui permet de réduire par trois la consommation de produits de traitement».

Terrena finance avec d'autres entreprises une nouvelle association pour une «agriculture écologiquement intensive», l'AEI, présidée par le scientifique Michel Griffon. Il s'agit de parvenir, avec l'aide de la science à « exploiter de la façon la plus efficace les particularités d'un écosystème local », explique M. Griffon, par ailleurs vice-président de l'Agence nationale de la recherche.

Il y a beaucoup de pratiques de l'agriculture biologique qui sont applicables à l'agriculture intensive. Mais nous, nous ne nous interdisons pas par exemple d'utiliser les engrais ou les pesticides, quand il s'agit de sauver une récolte par exemple», explique-t-il.

Sortir du conflit entre agriculture bio et conventionnelle

L'AEI a fait une recrue symbolique, Marie-Hélène Aubert, ancienne députée Verte (1997-2002), et désormais déléguée générale de l'association. Mme Aubert continue de «soutenir à fond le développement du bio», mais veut «sortir du conflit binaire et frontal» entre l'agriculture bio, engoncée dans un créneau étroit, et l'agriculture conventionnelle.

Il ne faut pas mettre les agriculteurs «en position d'accusés», mais s'appuyer sur eux et leurs capacités à «optimiser leurs pratiques», explique-t-elle. «L'objectif de retrouver la valeur de leur travail, à leur propres yeux et aux yeux de la société est primordial».

Les agriculteurs bio, eux, regardent d'un oeil très sceptique l'initiative de Terrena, qui reste selon eux dans une logique trop exclusivement productiviste et ne remet pas en cause le système agricole actuel.

Source d'après AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires