Coopératives agricoles : s'adapter pour survivre

Coopératives agricoles : s'adapter pour survivre
Champagne Céréales et Nouricia ont dévoilé leur futur rapprochement au sein d’un nouveau groupe (Photo ESM)

Dans un contexte économique difficile et une consommation alimentaire atone, les coopératives agricoles françaises doivent s'adapter aux attentes du consommateur sous peine de disparaître, estime une étude du cabinet Xerfi.

« Les coopératives doivent impérativement s’adapter à un environnement économique chahuté », expliquent les experts du groupe Xerfi qui estiment que « la filière alimentaire dans son ensemble restera sous pression jusqu’en 2013 »,. Face aux menaces sur le pouvoir d’achat (inflation, tensions sur les salaires), les Français pourraient en effet procéder à des arbitrages dans leurs dépenses, y compris leurs dépenses alimentaires.  La consommation alimentaire en France devrait rester stable à + 0,8% en 2012 et +0,6% en 2013, estiment les experts du groupe Xerfi.

Les coopératives jouissent d'une bonne image auprès des consommateurs, et selon Xerfi, elles doivent en profiter pour "miser sur la proximité, devenue une valeur incontournable" dans la filière alimentaire. Le groupe cite notamment les produits de terroir, l’offre locavore, « made in France » ou encore l'offre bio ou halal.

 Xerfi suggère que les coopératives tentent une ouverture vers le commerce de détail. Il cite l'exemple du groupe 3A, spécialiste des produits laitiers qui a créé son propre réseau dédié à la vente des produits en direct, notamment via des points de vente (10 unités courant 2011).

Poursuivre les restructurations, investir dans le marketing

Xerfi appelle les coopératives à se rapprocher pour "croître en volume afin de rivaliser" avec les géants européens que sont Friesland Campina dans les produits laitiers, Vion Food dans les viandes ou encore Südzucker dans le sucre. Aujourd’hui, seuls trois groupes coopératifs français (In Vivo, Sodiaal, Terrena) figurent dans le top 10 européen de la coopération agricole et les leaders français sont encore loin derrière les groupes privés.

 Les coopératives continuent toutefois de se rapprocher des groupes privés (via des acquisitions, des alliances…). Cristal Union a annoncé son intention de reprendre le groupe sucrier Vermandoise, le hissant au rang de n°2 français du marché du sucre (derrière Téréos et devant Saint Louis). Agrial et Senoble ont eux conclu une alliance qui aboutira à la création d’une joint-venture dédiée aux yaourts et produits laitiers sous MDD.

 Elles poursuivent en parallèle leur politique de concentration interne. En septembre dernier, Champagne Céréales et Nouricia ont ainsi dévoilé leur futur rapprochement au sein d’un nouveau groupe.

 L’étude estime également  qu’il  « est urgent pour la profession d’investir massivement dans le marketing. Figurant parmi les leaders du monde coopératif, Terrena et Euralis ont par exemple rajeuni leur image en 2011.

 Cette étude a été réalisée à l’occasion du Congrès annuel de Coop de France qui se déroule à Paris les 28 et 29 novembre.



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