Corse : Le renouveau de la châtaigne face à la désertification de la Corse

Fruit aux multiples vertus, la châtaigne corse connaît un profond renouveau qui contribue à lutter contre la désertification de l'intérieur de l'île, où elle fut longtemps l'aliment de base.

Le succès grandissant de ce produit riche en vitamines et en minéraux, notamment sous forme de farine, traditionnellement à l'honneur au début de l'hiver en Corse, est notamment dû aux progrès réalisés dans sa culture et sa transformation. La présence de milliers de personnes repartant les bras chargés de sacs de châtaignes, de farine, de biscuits et autres marrons glacés de la très populaire foire annuelle de Bocognano (Corse-du-Sud), la « Fiera di a castagna », qui s'est achevée dimanche, en témoigne.

Très riche notamment en calcium, fer, magnésium, phosphore et potassium, la farine permet de confectionner la traditionnelle « pulenta », qui accompagne viandes et fromages frais, ainsi que des crêpes, beignets et biscuits. Ses qualités gustatives et nutritives répondent aussi aux exigences de la diététique moderne, puisque la farine est à la fois énergétique et caractérisée par son absence totale de gluten, ce qui lui permet de lutter efficacement contre la maladie coeliaque.

« Les gens viennent de toute la Corse. Cette force collective qui représente bien la ruralité est un réel motif d'espoir face aux fatalistes de la désertification », souligne Achille Martinetti, l'organisateur de la foire de Bocognano. Castanéiculteur dans ce village de montagne au nord d'Ajaccio, M.Martinetti est membre du groupement régional des producteurs en appellation d'origine contrôlée (AOC), acteur essentiel de la relance du fruit délicieusement sucré de « l'arbre à pain », nom autrefois donné en Corse au châtaigner.

Ce label AOC obtenu en 2006 a imposé aussi des exigences nouvelles aux producteurs puisque, selon le président de l'Organisme de gestion et de défense de l'AOC farine de châtaigne, Jean-Yves Acquaviva, « il s'agit de la seule AOC dont le cahier des charges impose la culture biologique ». Après deux mauvaises récoltes dues à la sécheresse, en 2007, puis à des pluies diluviennes, en 2008, « cette année s'annonce bonne et peut donner un nouvel élan en atteignant la centaine de tonnes de farine », selon le président du Groupement régional des producteurs et transformateurs de châtaignes et marrons de Corse (GRPTCMC), Pasquin Flori.

Pour ce castanéiculteur de Lozzi (Haute-Corse), le rajeunissement de la profession, la mécanisation et l'amélioration de la qualité avec le développement des productions biologiques contribuent au renouveau. Les responsables déplorent toutefois que moins de 10% des 35.000 hectares de châtaigneraies de l'île soient exploités en raison de l'âge du verger, qui dépasse souvent 300 ans. De nombreuses propriétés ne sont en outre plus entretenues ce qui laisse progresser certaines maladies comme l'encre.

Source AFP

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